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Plus que l'OBÉSITÉ, c'est la graisse abdominale qui fait le risque de décès

Actualité publiée il y a 3 années 11 mois 1 semaine
Annals of Internal Medicine

De plus en plus d’études documentent que ce n’est pas seulement l’obésité mais la répartition de la masse grasse dans le corps qui fait le risque métabolique, cardiovasculaire ou de cancer, que le poids ou l’IMC soit normal ou élevé. On parle ainsi de graisse abdominale, d’obésité centrale ou encore d’obésité viscérale intra-abdominale. Cette étude va dans ce sens en redémontrant l’effet inflammatoire induit par cette graisse abdominale sur les organes vitaux de l'abdomen. Les conclusions, présentées dans les Annals of Internal Medicine mettent en garde, clairement, contre le fameux pli cutané.

Les chercheurs de la Mayo Clinic (US) et de l'Université d'Ottawa (Canada), ont suivi plus de 15.000 adultes, participant à la US's third National Health and Nutrition Examination Survey sur 10 ans. L'objectif était d'évaluer la relation entre l'IMC qui apporte finalement une mesure du poids ramené à la taille, le rapport taille-hanche qui apporte une mesure de la graisse abdominale et le risque de décès.


Un rapport taille-hanches >1 chez les hommes ou >0,85 chez les femmes indique un excès de graisse abdominale important et un risque accru de diabète de type 2 et de maladie cardiaque.

Dans cette étude, 11% des hommes et 3% des femmes étaient dans ce cas.

L'analyse confirme que

· les participants à IMC normal, mais à tour de taille trop élevé ont un risque significativement accru (de 87%) de décès vs les participants ayant un rapport taille/hanche inférieur.

· les participants à IMC normal, mais à tour de taille trop élevé sont 2 fois plus à risque de décès que les participants en surpoids ou obèses mais sans obésité centrale (HR 2,24).

· À 50 ans, un homme à IMC normal et tour de taille normal a un risque de décès à 10 ans de 5,7%, ce risque passe à 10,3% en cas de graisse abdominale.

· Une femme à IMC normal, mais tour de taille élevé présente un risque accru de près de 50% de décès par rapport à une femme du même IMC mais sans obésité centrale (HR 1,48). Son risque de décès est accru de 33% par rapport à une femme obèse mais sans obésité centrale.

· A 50 ans, une femme à IMC normal et à tour de taille normal a un risque de décès à 10 ans de 3,3%, ce risque passe à 4,8% en cas de graisse abdominale.

- Le point remarquable est que l'association graisse abdominale et risque de décès vaut pour des personnes de même IMC, dont les participants en surpoids ou obèses.

- Enfin, l'augmentation du risque de décès, avec ce rapport taille/hanche s'avère plus élevée pour les hommes que pour les femmes.

Explication : La graisse abdominale augmente la graisse viscérale, ce qui entraîne l'inflammation des organes vitaux de l'abdomen, ce qui accroît la vulnérabilité aux maladies chroniques. Les chercheurs appellent donc à mieux prendre en compte l'obésité centrale, au même titre que l'IMC, dans l'évaluation des risques de maladies chroniques. En pratique clinique, les patients présentant cette obésité centrale et même en cas d'IMC normal, devraient être conseillés, en priorité,sur l'adoption de facteurs de mode de vie plus sains.

Enfin, l'étude ajoute à la preuve des méfaits de l'obésité centrale et contribue à expliquer ces paradoxes déjà documentés de l'obésité.

Source: Annals of Internal Medicine November 10 2015 doi:10.7326/M14-2525 Normal-Weight Central Obesity: Implications for Total and Cardiovascular Mortality

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