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SÉCURITÉ ALIMENTAIRE : Pourquoi nous devons absolument réduire notre consommation de 25%

Actualité publiée il y a 8 années 11 mois 2 jours
CIRAD

Le rapport Agrimonde, réalisé par l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), conclut à la nécessité d’"une vraie rupture" si l’on veut pouvoir nourrir les 9 milliards d’individus de la planète en 2050. Un changement radical de mode d’alimentation et de vie est demandé aux pays riches, sinon, tout simplement, la planète ne pourra fournir toutes les ressources nécessaires.

La FAO estime à 1,02 milliard le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde en 2009. C'est le chiffre le plus élevé depuis 1970, première année pour laquelle on dispose de statistiques comparables. L'objectif du Sommet mondial de l'alimentation, à savoir réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation d'ici à 2015, a bien peu de chances d'être atteint si les tendances que l'on observait avant la crise se confirment. Car les mécanismes d'adaptation sont épuisés et le prix des denrées alimentaires a fortement augmenté avec la crise économique.


Réduire notre consommation de 25% : De fortes disparités dans les modes d'alimentation: 2.300 Kcal est un maximum quotidien en Afrique sub-saharienne, alors que dans les pays riches la consommation énergétique moyenne par habitant se situe entre 4 et 4.500. L'équilibre, pour nous privilégiés serait une réduction, en moyenne, de 25% de notre consommation calorique quotidienne. Tout d'abord en évitant le gâchis, en gérant mieux nos stocks de nourriture et en évitant, bien entendu la suralimentation entraînant le surpoids, l'obésité et ses comorbidités et en consommant plus de calories végétales. Une considération en forme d'espoir, le vieillissement de la population mondiale qui devrait aussi contribuer tout naturellement à la diminution des consommations alimentaires moyennes dans les pays riches.

Un triple défi pour l'agriculture et l'alimentation : croissance économique, préservation de l'environnement, réduction de la volatilité des prix agricoles. Car quand les prix sont hauts, les conséquences pour les consommateurs pauvres sont catastrophiques. Quand ils sont bas, les producteurs ne rentrent plus dans leur frais. Selon Françoise Gérard, économiste au Cirad, un moyen de régulation possible consiste à maintenir les prix dans une bande fixée par une négociation entre acteurs. Les fluctuations au sein de cette bande permettent quand même de conserver les informations utiles données par le marché. Une autre alternative serait de mettre l'agriculture sous contrat, l''État s'engageant à acheter une part de la production nationale. Mais conclut-elle, « il y a presque autant de solutions mises en œuvre que de pays concernés (…) Mais dans l'ensemble, ces moyens de régulation sont d'autant plus efficaces que leur mise en œuvre est transparente et perçue comme légitime ».

« Nous devons opérer des changements significatifs pour nous nourrir et, plus particulièrement, pour protéger les pauvres et les plus vulnérables » alertait Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l'ONU, lors du dernier Sommet mondial sur la sécurité alimentaire… où les pays riches avaient alors brillé par leur absence.