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TRAUMA CÉRÉBRAL: Mosh pit et headbanging, facteurs de choc pour les rockers

Actualité publiée il y a 5 années 4 mois 2 semaines
The Lancet

Le risque d’hématome sous-dural associé au hard rock ? Chez ce patient exempt de tout traumatisme crânien au départ, dont l’histoire est décrite dans le Lancet, il s’agit bien d’une conséquence de l’écoute de heavy metal et d’un comportement qui lui est associé, le headbanging. Comprenez le secouage de tête violent au rythme de la basse. Un cas exceptionnel, mais qui permet aux auteurs d'alerter sur d'autres effets possibles...

Les auteurs, neurochirurgiens de l'Hôpital de Hanovre, racontent cette histoire dans le Lancet : Le patient âgé de 50 ans, s'était présenté au service de neurochirurgie en janvier 2013, souffrant depuis 2 semaines de maux de tête affectant l'ensemble de la tête. Ce patient n'avait aucun antécédent de traumatisme crânien, mais avait pratiqué le « headbanging » à un concert de Motörhead 4 semaines plus tôt. Au scanner, les médecins lui découvrent un hématome sous-dural …à opérer en urgence. Conséquence habituelle de traumatismes crâniens, l'hématome sous-dural menace l'ensemble de la santé cérébrale.


De précédentes études ont déjà documenté les conséquences du headbanging, une « invention » du groupe Led Zep. Perte d'audition, accident vasculaire cérébral (AVC) ou lésions cérébrales traumatiques plus légères ont déjà été évoquées.

En 2008, deux chercheurs de l'University of New South Wales ont analysé, dans un article intitulé « “Mosh pit” breast? » le risque de blessure au cou et à la tête lié au headbanging ou plutôt au « Mosh Pit », un genre de pogo, pratiqué dans les concerts de heavy metal. Les auteurs ont eux-mêmes assisté à des concerts de rock et de heavy metal et évalué le risque de blessure avec la collaboration d'un groupe de musiciens. Le risque de blessure a été alors associé à l'amplitude du mouvement (plus de 75°) et au dépassement d'un seuil de 130 battements par minute.

Ici, dans le Lancet, les médecins décrivent le premier cas rapporté d'hématome sous-dural «chronique» suite au headbanging. Si l'hématome (caillot de sang) a été retiré au moyen d'un trou de trépan suivi de la pose d'un drain sous-dural maintenu 6 jours après l'intervention, si le patient se porte aujourd'hui très bien, les auteurs alertent sur les effets possibles du headbanging : dissection de l'artère carotide, coup du lapin, emphysème médiastinal et de l'odontoide, ils décrivent aussi des types de lésion cérébrale souvent cliniquement silencieux.

Enfin, pour l'anecdote, ils confirment la réputation de Motörhead comme l'un des groupes les plus « hardcore ».

Sources:

The Lancet 5 July 2014 doi:10.1016/S0140-6736(14)60923-5 Chronic subdural haematoma secondary to headbanging

BMJ 2009;338:b42 “Mosh pit” breast? (Visuel NHS)

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