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VHB et C: Vers une accélération de la lutte contre les hépatites?

Actualité publiée il y a 5 années 8 mois 5 jours
ANRS

Depuis 1999, 3 Plans nationaux ont orienté les axes de prévention, de prise en charge et de recherche pour les hépatites liées aux virus de l’hépatite B et de l’hépatite C. Cependant plus de 200.000 personnes infectées par le VHB et le VHC ignorent encore leur statut sérologique. Ce nouveau rapport, qui prend en compte le dernier contexte épidémiologique, les avancées scientifiques, thérapeutiques, publié par l’ANRS -aujourd’hui dénommée « France REcherche Nord&sud Sida-hiv Hépatites »- vient d’être rendu public à l’occasion de la Journée nationale de lutte contre les hépatites virales. Elargir le dépistage, la vaccination anti-VHB et l’accès aux nouveaux traitements, des enjeux ambitieux qui laissent espérer une accélération de la lutte contre les hépatites.

En France, 500.000 personnes sont infectées en France par les virus de l'hépatite B (VHB) et de l'hépatite C (VHC), des virus transmis par le sang, et pour le VHB, par voie sexuelle et de la mère à l'enfant. Chaque année, ces hépatites qui peuvent évoluer vers la cirrhose ou le cancer du foie, entraînent près de 4.000 décès. L'objectif est donc clairement de renforcer la prévention, le dépistage et la prise en charge précoces des personnes infectées.


Dépister de manière élargie : Alors que près de 220.000 personnes atteintes d'hépatite B ou C ignorent leur statut sérologique et de ce fait vont accéder trop tardivement aux traitements et augmenter le risque de nouvelles contaminations, le rapport préconise d'élargir le dépistage aux hommes âgés de 18 à 60 ans et aux femmes enceintes dès la première consultation prénatale, en couplant le dépistage du VHB et du VHC à celui du VIH. L'utilisation de tests d'orientation diagnostique (TROD) devrait ainsi être encouragée, avec, autour de cette nouvelle offre de dépistage la formation d'intervenants non-médicaux et une meilleure information des publics ciblés. Il s'agit d'informer ces groupes de population peu enclins à se faire dépister sur les risques de contamination, en cas de poursuite de conduites à risque et encourager à la vaccination contre le VHB.

Augmenter la couverture vaccinale anti-VHB : Avec actuellement un taux de couverture des groupes les plus à risque (usagers de drogues et HSH) d'environ 60%, une couverture insuffisante également des Professionnels de Santé eux-mêmes à risque élevé (AES), une couverture des adolescents insuffisante (environ 43%), les campagnes de vaccination doivent être relancées. Le rapport rappelle que les associations entre la vaccination anti-VHB et la survenue de maladies démyélinisantes n'a pas été démontrée.

Réduire les risques de contamination : Les usagers de drogues injectables, qui forment le groupe social le plus lourdement touché et le principal « réservoir » de l'infection, en particulier lorsqu'ils sont en situation de précarité, des migrantset des détenus devraient bénéficier de nouvelles approches de réduction des risques, telles que les traitements substitutifs aux opiacés (TSO) ou les salles de consommation. Certaines de ces pistes ont été également décrites par l'InVS dans un BEH de 2012. Il s'agit de « donner la priorité aux actions de santé publique par rapport aux actions de répression », écrit le Ministère de la Santé qui revient au concept des salles de consommation à moindre risque.

Elargir l'accès aux nouveaux traitements : Des études ont confirmé très récemment l'efficacité de 2 molécules capables « d'éradiquer » le virus de l'hépatite C à des taux très supérieurs au traitement de référence, aujourd'hui « réservés » aux patients à risque très élevé. Les avancées ont également été importantes dans le traitement de l'hépatite chronique B, avec des agents qui assurent un contrôle très efficace de l'infection. L'idée serait de pouvoir élargir l'accès à ces traitements, qui restent très coûteux.

Aller vers une prise en charge globale et pluridisciplinaire : Réduire les inégalités sociales de santé dont la pauvreté, la précarité, accompagner la prise en charge médicale de mesures sociales, nécessite la coordination des acteurs de la Santé et du Social, du dépistage au suivi et à l'éducation thérapeutique. Il s'agit donc, comme pour les autres pathologies, de construire un parcours de santé cohérent.

En conclusion, un plan de lutte mais aussi un coût important. Notons néanmoins qu'un dépistage et/ou une vaccination élargis peuvent aussi permettre une diminution du coût de la prise en charge.

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