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VIE URBAINE: Elle casse aussi le rythme biologique des oiseaux

Actualité publiée il y a 6 années 5 mois 2 semaines
Proceedings of the Royal Society B

Alors qu’on connaît maintenant toute l’importance des rythmes circadiens dans la santé, cette recherche de biologistes de l'Université de Glasgow et de l'Institut Max Planck montre pour la première fois, que les rythmes biologiques évoluent en réponse à l'environnement urbain. Cette démonstration, sur des oiseaux, des merles, publiée dans les Proceedings of the Royal Society B, ajoute au consensus croissant de l'effet majeur des villes sur les horloges internes de leurs habitants, humains comme animaux.

On sait que les changements des rythmes biologiques peuvent conduire à une incidence accrue de problèmes de santé et réduire la durée de vie. Mais les horloges biologiques pourraient aussi s'adapter pour fonctionner au mieux dans un environnement urbain ? Une question qui pourrait être approchée en étudiant les animaux dans la nature.


Pour effectuer leur étude, les chercheurs ont capturé des merles mâles adultes de la ville (Munich) et d'une forêt située à proximité. Chaque oiseau a été équipé d'un léger émetteur radio qui a enregistré leurs niveaux d'activité en pleine nature durant 10 jours avant d'être repris. Les oiseaux ont ensuite été isolés dans des chambres noires insonorisées et leurs rythmes circadiens mesurés sans que l'environnement puisse servir d'«horloge» de repère. En effet, les cycles quotidiens d'activité et de repos sont basés sur des rythmes biologiques qui s'adaptent au lever et au coucher du soleil, rappelle le Dr Barbara Helm, de l'Université de Glasgow. Ces conditions permettaient donc aux chercheurs d'évaluer le rythme interne de chaque oiseau avant de les rendre à leur état sauvage.

Les biologistes constatent des rythmes différents chez l'oiseau des villes et des forêts. Ils constatent que les citadins ont une horloge interne plus rapide et moins stable que les merles de la campagne.

· Les oiseaux des villes se réveillent plus tôt et se posent moins souvent que les oiseaux des forêts.

· En moyenne, les oiseaux de la ville commencent leurs activités quotidiennes environ 30 minutes avant l'aube, alors que les oiseaux des forêts commencent leur journée lorsque que le soleil se lève.

· Les oiseaux des villes terminent leur journée 9 minutes plus tard et ont donc une activité de 40 minutes de plus chaque jour.

· En laboratoire, les rythmes circadiens des oiseaux urbains sont clairement modifiés, ils s'agitent 50 mn de plus que les oiseaux des forêts et sont nettement moins robustes.

Un rythme circadien différent à la ville : Les horloges biologiques urbaines sont également moins régulières. Alors que de précédentes études menées chez l'homme ont maintenant démontré la relation entre les troubles du sommeil, une horloge perturbée et une incidence accrue de la dépression, de l'obésité et de certains types de cancers, cette étude montre chez l'animal sauvage, que la vie urbaine va modifier l'horloge interne.

Une conclusion qui peut aider à mieux comprendre les difficultés d'adaptation à la vie urbaine et l'impact de stimuli tels que la lumière artificielle et l'augmentation des niveaux de bruit. Car si l'urbanisation s'accélère dans le monde, la compréhension de ses effets sur la santé humaine et animale est loin d'être complète.

Source: Proceedings of the Royal Society B. doi:10.1098/rspb.2013.0593 July 22, 2013, Clock for the City: Circadian Differences Between Forest and City Songbirds et Unìversity of Glasgow Abstract et communiqué.

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