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VIH: Première rémission de long terme chez un nourrisson infecté

Actualité publiée il y a 4 années 11 mois 3 semaines
CROI

Cette équipe de chercheurs américains annonce et décrit la première guérison fonctionnelle du VIH chez un nourrisson infecté par le VIH. Cette découverte primordiale, présentée le 3 mars lors de la Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections (CROI) d’Atlanta, qui apporte une première preuve d’efficacité de la mise sous traitement antirétroviral dans les heures qui suivent la naissance, est un pas prometteur vers l'élimination de l'infection à VIH chez les enfants.

Le Dr Deborah Persaud, virologue au John Hopkins et auteur principal de ce rapport et le Dr Katherine Luzuriaga immunologiste à l'Université de Massachusetts ont dirigé l'équipe de recherche et le Dr Hannah Gay, professeur agrégé de pédiatrie et expert du VIH pédiatrique à l'Université du Mississippi a fourni le traitement à l'enfant.


Cet enfant né d'une mère infectée par le VIH, avait reçu un traitement par association d'antirétroviraux dans les 30 heures après la naissance. Une série de tests a montré a montré ensuite une diminution de la présence de virus dans le sang de l'enfant, jusqu'à ce que le VIH devienne indétectable 29 jours après la naissance. L'enfant est resté néanmoins sous TARV jusqu'à 18 mois. Dix mois plus tard, l'enfant a subi à nouveau des tests sanguins, dont aucun n'a détecté la présence du VIH dans le sang. Cet enfant a donc connu une rémission de l'infection par le VIH après avoir reçu un traitement antirétroviral (ARV) dans les 30 heures suivant sa naissance et durant 18 mois (seulement), ce qui suggère, pour les chercheurs, que l'administration très précoce d'un traitement antiviral peut permettre la guérison, en stoppant la formation de réservoirs viraux de cellules infectées dormantes -responsables de récidive de l'infection chez la plupart des patients infectés à VIH après l'arrêt du traitement. C'est, en tous cas, ce que décrivent ici les auteurs.

L'enfant est désormais considéré comme «fonctionnellement guéri », c'est-à-dire dans un état de stabilité de la rémission à long terme, sans besoin de traitement à vie et avec des résultats de tests sanguins ne parvenant pas à détecter la réplication du virus dans le sang. Ce qui ne signifie pas, encore, l'éradication complète de toutes les traces virales du corps.

Aujourd'hui, la prise en charge des nouveau-nés à risque élevé d'infection à VIH, nés de mères présentant des infections mal contrôlées ou dont la séropositivité est découverte au moment de l'accouchement, se fait par combinaison d'antiviraux à des doses prophylactiques, durant 6 semaines, pour prévenir l'infection puis à des doses thérapeutiques si l'infection est confirmée. Ce premier exemple, qui illustre l'efficacité d'une mise sous TARV hyper-précoce, pourrait modifier, à l'avenir, ce mode de prise en charge.

Un « suppresseur d'élite » ? Seule interrogation, s'agit-il ici d'un cas exceptionnel de suppression virale naturelle sans traitement ? Ferait-il partie des 0,5% de patients infectés connus sous le nom d'«elite controllers», car leur système immunitaire est capable de freiner seul la réplication virale et de garder le virus à des niveaux indétectables ?

Certes, ces premiers résultats ne justifient pas encore une modification du protocole de prise en charge des nouveau-nés infectés, mais ce premier cas apporte une première preuve de concept qui doit encore être reproduite chez d'autres nouveau-nés à risque élevé.

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