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ALZHEIMER: Perte de mémoire ne signifie pas absence d'émotion

Actualité publiée il y a 4 années 11 mois 3 semaines
Cognitive and Behavioral Neurology
Les patients atteints d'Alzheimer peuvent encore ressentir des émotions et avoir une vie affective

Les patients atteints d'Alzheimer peuvent encore ressentir des émotions et avoir une vie affective, même après la perte de mémoire, souligne cette étude de l’Université de l’Iowa publiée dans la revue Cognitive and Behavioral Neurology. Une indication précieuse pour les soignants ou les proches, aidants naturels.

Une nouvelle étude de l'Université de l'Iowa adresse un message incontournable: les soignants et les aidants ont une influence profonde, bonne ou mauvaise, sur l'état émotionnel des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Si les patients peuvent ne pas se souvenir de la visite d'un être cher ou d'une négligence dans leurs soins, ces expériences peuvent avoir un impact durable sur leur bien-être.

 

 

L'expérience est simple. Les chercheurs montrent ici 20 minutes de vidéos, tristes ou gaies, à 17 patients atteints de la maladie d'Alzheimer et 17 patients en bonne santé. Si les patients atteints ne sont pas capables de se rappeler les films, ils se montrent bien dans des états de tristesse ou de bonheur. Car les vidéos déclenchent chez eux l'émotion attendue: la tristesse et des larmes pendant les films tristes et le rire pendant les passages heureux. Mais les souvenirs ne sont plus là : lorsque 5 mn après le visionnage, les chercheurs font passer aux participants un test de mémoire, les patients atteints de la maladie d'Alzheimer ne restituent que peu d'informations. Cependant, ils restent capables de préciser s'ils ont ressenti de la tristesse ou de la joie.

 

 

Enfin, cette émotion s'avère durable, mais la tristesse un peu plus que le bonheur…

 

 

La vie affective d'un patient « Alzheimer » est bien toujours là, expliquent les auteurs principaux, Edmarie Guzmán-Vélez, étudiant au doctorat en psychologie clinique, Daniel Tranel, professeur de neurologie et de psychologie et Justin Feinstein, professeur à l'Université de Tulsa. Le fait que des événements, oubliés, puissent continuer à exercer une influence profonde sur la vie émotionnelle d'un patient met en évidence la nécessité pour les soignants d'éviter de provoquer ces sentiments négatifs.

 

La recherche a ainsi des implications immédiates dans la manière de prendre en charge ces patients et donc dans la formation des soignants et des aidants. Elle implique aussi de développer de nouvelles interventions pour ces patients, afin de pouvoir améliorer leur bien-être.