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DIABÈTE de type 1 : Un entérovirus à l'origine de certains diabètes ?

Actualité publiée il y a 8 années 11 mois 1 semaine
British Medical Journal

Les enfants atteints de diabète de type 1 ont un risque près de 10 fois plus élevé d’infection à entérovirus, en comparaison d’enfants non diabétiques. Un résultat qui laisse à penser, une nouvelle fois, que le diabète de type 1 pourrait être lié, chez les jeunes sans antécédents familiaux de diabète, à une infection à entérovirus. C’est la conclusion d’une méta-analyse de 26 études, publiée dans l’édition du 3 février du British Medical Journal qui n’établit pas, néanmoins, un lien temporel clair entre infection à entérovirus et développement d’un diabète de type 1. Cette analyse cherchait à évaluer la prévalence des infections par entérovirus parmi les personnes atteintes ou non de diabète de type 1. Des chercheurs de l'Université de New South Wales à Sydney, de l'Université de Sydney et des hôpitaux du New South Wales (Australie) ont analysé les études antérieures ayant identifié une association entre l’entérovirus et le diabète de type 1. Il y avait un besoin d’évaluation de cette association entre le virus et le diabète au fil du temps, afin de déterminer s'il y a une relation de cause à effet entre les deux.

Rappelons rapidement que le diabète de type 1 est une maladie auto-immune, où l'organisme produit des anticorps qui attaquent les cellules bêta du pancréas, qui produisent normalement de l'insuline. La personne devient incapable de produire l'insuline don't elle a besoin et doit donc pourvoir à son remplacement à vie. Bien qu'il y ait une forte composante héréditaire, les jeunes sans antécédents familiaux de diabète de type 1, peuvent aussi développer la maladie.


Les entérovirus sont les virus les plus largement étudiés sur une association possible avec le diabète de type 1. Le groupe des entérovirus comprend les virus de la poliomyélite et les virus coxsackie. Des études antérieures ont démontré que certaines personnes atteintes de diabète de type 1 possèdent des anticorps contre les entérovirus, ainsi que des protéines et un type de matériel génétique liés à des entérovirus. Cependant, ce lien n'a pas été démontré de manière uniforme dans toutes les études, et cet examen avait pour but de rassembler les éléments de preuve éventuels afin de déterminer si l'infection à entérovirus augmente le risque de diabète de type 1.

Au total, 24 études cas-témoins et 2 résumés d'études répondaient aux critères d'inclusion dans la méta-analyse. Ces études couvraient, au total, 4.448 participants (1.931 cas de diabète ou prédiabète, et 2.517 contrôles non diabétiques). La plupart des études portaient sur des enfants. En combinant les résultats, les chercheurs ont constaté que la probabilité d'avoir eu une infection à entérovirus s'avérait presque dix fois plus élevée chez les personnes diabétiques que chez les témoins non diabétiques (odds ratio [OR] 9,8, de confiance de 95% [IC] 5,5 à 17,4).

Les conclusions de cette analyse indiquent une relation claire, avec un risque près de 10 fois plus élevé d'infection à entérovirus chez les personnes diabétiques que chez les individus non affectés. Toutefois, les chercheurs précisent bien que leur analyse ne permet pas d'affirmer que c'est un entérovirus qui cause le diabète et que l'infection est préalable à l'apparition du diabète. De grandes études prospectives seraient nécessaires pour établir un lien temporel clair "entre infection à entérovirus et développement d'une auto-immunité et d'un diabète de type 1”.

Source: BMJ 2011; 2011; 342:d35 Enterovirus infection and type 1 diabetes mellitus: systematic review and meta-analysis of observational molecular studies, traduction, adaptation, mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, réactualisé le 19 février 2011 (Visuel ADA, vignette NHS)

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