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DIAGNOSTIC: La France à la pointe de la détection des antibiorésistances

Actualité publiée il y a 6 années 11 mois 2 semaines
Inserm- CDC- Emerging Infectious Diseases-The Journal of Clinical Microbiology

Formidable, à l’heure de l’émergence des antibio-résistances que cette mise au point, française, de 2 tests de diagnostic rapide de résistance aux antibiotiques de large spectre. Une découverte d’ailleurs relayée par les Centers for Disease Control américains et deux revues scientifique de premier plan, Emerging Infectious diseases et The Journal of Clinical Microbiology.

C'est une équipe de l'Inserm, Unité « Résistances émergentes aux antibiotiques » de l'Hôpital de Bicêtre dirigée par le Pr Patrice Nordmann qui vient de développer ces tests, qui, en moins de 2 heures permettent d'identifier certaines bactéries résistantes aux antibiotiques les plus fréquentes. Les bactéries cibles sont en particulier les entérobactéries, comme E. coli, responsables de nombreuses infections.


Alors que l'émergence des résistances aux médicaments, de nombreuses familles de bactéries, est en train d'exploser, dans le monde entier, responsables d'infections nosocomiales ou communautaires, entraînant un recours de plus en plus fréquent à des antibiotiques de dernière ligne comme les carbapénèmes, eux-mêmes objets de résistances émergentes aboutissant à de véritables impasses thérapeutiques. Ces travaux sont donc d'une importance majeure et vont trouver immédiatement leur utilisation en pratique clinique.

Les auteurs rappellent que ce processus de résistance peut être lié à l'association de plusieurs facteurs, la diminution de la perméabilité de membrane bactérienne externe, la surexpression de β-lactamases à spectre étendu ou la production d'enzymes hydrolysant les carbapénèmes. La question de l'identification des bactéries productrices de carbapénèmase, qui présentent une résistance à la plupart des antibiotiques était donc essentielle. Les tests de phénotypage existants prennent beaucoup de temps, expliquent les auteurs, et ne sont pas toujours très sensibles et spécifiques et les tests moléculaires sont coûteux et nécessitent une expertise importante. En bref, les modes de diagnostic existants sont peu adaptés à la nécessité clinique d'isoler rapidement les patients pour prévenir les épidémies nosocomiales.

Le nouveau test, décrit ici, est basé sur une technique conçue pour identifier la production de carbapénémases. Ce test est rapide, sensible et spécifique, et adaptable à n'importe quel laboratoire au monde. Il élimine la nécessité d'utiliser d'autres techniques pour identifier les bactéries productrices de carbapénémases. Déjà mis en œuvre au département de microbiologie de l'Hôpital de Bicêtre, il a donné d'excellents résultats, tout en permettant de diminuer la charge de travail des techniciens de laboratoire et de simplifier la gestion clinique des bactéries coupables. Le principe est applicable à la fois aux bactéries du sang ou d'échantillons fécaux ou à des colonies bactériennes cultivées en laboratoire.

L'utilisation à l'échelle mondiale de ces tests extrêmement performants va donc permettre une adaptation individuelle des traitements antibiotiques et un meilleur contrôle de la diffusion des résistances aux antibiotiques notamment en milieu hospitalier.

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