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GRIPPE: Pourquoi refuse-t-on la vaccination?

Actualité publiée il y a 5 années 11 mois 5 jours
JAMA (Point of view)

Après une faible activité grippale lors de la précédente saison hivernale, l’épidémie de grippe se renforce, non seulement aux Etats-Unis, où certains états, comme New York ont adopté des plans d’alerte, mais aussi en Europe et en France où le seuil épidémique est franchi depuis maintenant plusieurs semaines. Avec cette intensification de l’épidémie, ces auteurs de la Vanderbilt University nous proposent, dans l’édition du 18 janvier du JAMA, un examen des interventions essentielles qui peuvent bloquer la transmission de la grippe à domicile, sur le lieu de travail, et dans les établissements de santé.

Car l'agent pathogène peut être mortel, commencent par rappeler les auteurs qui rappellent que les pratiques de base de prévention des infections sont une bonne hygiène des mains, une bonne hygiène « respiratoire » qui implique de couvrir sa bouche en cas de toux, éviter le contact avec les personnes malades quand c'est possible, et les zones surpeuplées quand on est malade.


Les mesures complémentaires pour limiter la transmission de la grippe dans les établissements de santé sont également essentielles. Elles comprennent le dépistage des patients à l'entrée avec l'évaluation des symptômes respiratoires, le port du masque pour les personnes infectées et les soignants en contact, les mesures d'isolement pour les personnes suspectes et infectées, la mise « en maladie » des personnels atteints.

Mais la vaccination ? Disponible depuis les années 45 et recommandée pour les personnes à risque élevé de complications depuis 1960, son efficacité est variable selon les souches prédominantes en circulation, qui varient d'une saison à l'autre, affectant ainsi l'intensité et la gravité de la saison grippale. Les auteurs citent une récente revue systématique et méta-analyse sur la protection du vaccin anti-grippe, estimant à 59% le taux d'efficacité du vaccin antigrippal trivalent chez les adultes âgés de 18 à 65 ans et à 83%, le taux d'efficacité du vaccin vivant atténué chez les enfants. Il est donc clair que la vaccination antigrippale assure une certaine protection et peut prévenir les complications dues à la grippe, comme la pneumonie, l'hospitalisation et le décès.

Cependant, les taux de vaccination, en particulier pour les personnes à risque élevé, en raison de comorbidités ou de risque de transmission élevée (par exemple, comme les personnels de santé) reste trop faible.

Pour la saison 2008-2009, seulement 28,2% de tous les adultes (américains) âgés de 18 à 64 ans et 41% des personnes à risque élevé ont reçu le vaccin anti H1N1. Un tiers des personnels de santé n'ont pas été vaccinés l'année dernière aux Etats-Unis, les 2/3 en France, augmentant potentiellement le risque de transmission à leurs patients, leurs collègues, les familles et entourage des malades.

Pourquoi refuse-t-on la vaccination? Les raisons souvent évoquées sont :

· «Le vaccin ne marche pas ». Même si le vaccin antigrippal n'a pas 100% de taux d'efficacité, il ne peut être qualifié d'inefficace, rectifient les auteurs. Les Centers for Disease Control (CDC) estiment ainsi l'efficacité du vaccin antigrippal de cette saison à 62% pour la prévention des infections respiratoires aiguës (IRA). La correspondance du vaccin de cette année et des souches en circulation est plutôt bonne et une mesure de prévention qui réduirait le risque d'une maladie grave de 60% serait une bonne mesure. Pourtant, pour ce vaccin-là, le taux est considéré, dans l'opinion publique, comme un échec. L'idéal serait un vaccin universel qui protègerait pendant plusieurs saisons, mais ce n'est pas une raison pour bouder le vaccin actuel.

· «Le vaccin provoque la grippe ». Les vaccins antigrippaux actuellement autorisés sont le vaccin vivant atténué et le vaccin inactivé. Le vaccin vivant atténué viral comporte une sensibilité à la température qui empêche la réplication du virus chez l'homme à la température normale du corps. La transmission secondaire d'une personne récemment vaccinée avec ce vaccin vivant atténué n'a jamais été documentée. Quant au vaccin inactivé, il contient des virus « morts » et les antigènes viraux ne peuvent pas entraîner une infection grippale. Enfin, les études n'ont pas montré une fréquence plus élevée de réactions systémiques chez les sujets vaccinés vs placebo. Certaines personnes pourront développer un syndrome grippal après la vaccination, mais elle sera probablement due à une infection virale non grippale, via d'autres virus, comme le virus respiratoire syncytial et on l'a vu, l'immunité conférée par le vaccin n'est pas de 100%.

· « Je suis allergique aux œufs ». Les personnes qui ont des réactions allergiques graves devraient éviter la vaccination contre la grippe. Cependant, de récentes directives fondées sur des preuves, recommandent que tous les autres patients avec une allergie plus modérée aux œufs (avec par ex. seulement de l'urticaire) devraient se faire vacciner car les risques liés à l'absence de vaccination l'emportent sur les risques de la vaccination, dans la mesure où des précautions de base sont respectées.

· «Je suis enceinte, j'ai une maladie ou je vis avec une personne immunodéprimée ». Refuser la vaccination en raison de conditions sous-jacentes telles que la grossesse, un antécédent de transplantation peut réellement être néfastes aux personnes les plus à risque de complications de la grippe.

· « Je n'ai jamais eu la grippe et je suis en bonne santé ». S'il est vrai que certaines personnes en bonne santé ne développeront pas un syndrome grippal sévère en cas d'infection, ils risquent toujours de transmettre le virus. Ce risque a conduit de nombreux établissements de santé aux Etats-Unis à exiger la vaccination antigrippale pour leurs personnels hospitaliers.

En fin de compte, l'article, pro-vaccination, appelle, en premier lieu les professionnels de santé à « prendre leurs responsabilité ».

Source: JAMA. 2013 :1-2. doi:10.1001/jama.2013.453 online January 18, 2013 Influenza Prevention Update Examining Common Arguments Against Influenza Vaccination (Visuel NHS, vignette Imperial College London)

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