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PARACÉTAMOL: Pourquoi son usage prolongé est aussi à éviter durant la grossesse

Actualité publiée il y a 4 années 5 mois 2 jours
Science Translational Medicine

Décidemment, le paracétamol, le médicament OTC le plus largement utilisé et prescrit, considéré comme le plus sûr des analgésiques, révèle peu à peu des effets indésirables, certes en cas de surdose ou de prise prolongée, mais aussi, avec cette étude, lorsqu’il est pris pendant la grossesse. Les conclusions, publiées dans la revue Science Translational Medicine associent, son utilisation prolongée –à nouveau en cause-, ici chez les femmes enceintes, à une réduction de la production de testostérone chez les garçons à naître.

Le paracétamol (acétaminophène) est largement utilisé et prescrit, comme traitement de première intention pour une multitude de maladies douloureuses aiguës et chroniques. C'est aussi le médicament utilisé en première intention pour la gestion de la douleur et de la fièvre pendant la grossesse. De récentes études ont alerté sur ses dangers en cas de surdose ou de prise prolongée. Cette nouvelle étude est la première à examiner les effets du médicament chez la descendance.


Les chercheurs de l'Université d'Edimbourg ont testé l'effet du paracétamol sur la production de testostérone chez des souris porteuses de greffons de tissu testiculaire humain. Il s'agissait de disposer d'un modèle animal de développement et de fonctionnement des testicules durant la grossesse. Les scientifiques ont donné aux souris une dose quotidienne standard de paracétamol soit sur une période de 24 heures (1 dose), soit sur une période de 7 jours, puis ont mesuré la quantité de testostérone produite par le tissu humain, une heure après la dernière dose de paracétamol.

Si le paracétamol n'entraine aucun effet sur la production de testostérone après 1 dose de paracétamol, après 7 jours de traitement, la quantité de testostérone produite est réduite de 45%.

Les conséquences de cette réduction de testostérone produite dans les testicules est cruciale pour la santé masculine long de la vie, rappellent les auteurs. Une réduction de l'exposition à l'hormone in utero a été associée à un risque accru d'infertilité, de cancer des testicules et de testicules non descendus. Certes, il reste à comprendre le mécanisme sous-jacent à cet effet d'une prise de paracétamol prolongé, cependant les auteurs recommandent déjà aux femmes enceintes de suivre les indications et ne prendre l'analgésique qu'à la dose efficace la plus faible possible, sur une durée la plus courte possible. Car il s'agit encore de préciser la relation dose-réponse et les « limites » d'un usage sécuritaire chez la femme enceinte.

Cependant, ces résultats ajoutent aux preuves existantes des effets indésirables d'une utilisation prolongée du paracétamol, avec pendant la grossesse, un risque accru de troubles de la reproduction chez les bébés de sexe masculin.

Source: Science Translational Medicine 20 May 2015 DOI: 10.1126/scitranslmed.aaa4097 Prolonged exposure to acetaminophen reduces testosterone production by the human fetal testis in a xenograft model (Visuel Fotolia)

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