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POLLUTION: Ses particules pèsent pour plus d'1 milliard d'euros

Actualité publiée il y a 4 années 6 mois 1 semaine
Inserm et Environnement, Risques & Santé

Qui dit pollution de l’air, dit maladies respiratoires et cardiaques, donc hospitalisations, congés maladie, consultations, examens et traitements. Pour la première fois, une équipe de l’Inserm, a adopté une approche globale des coûts de santé, en France, liés directement à la pollution. Cette analyse économique, présentée dans la revue Environnement, Risques & Santé, aboutit à un montant très au-delà de l’enveloppe généralement estimée, soit à un coût total dépassant le 1 milliard d’euros par an et la barre des 15% du déficit total de la branche santé de la sécurité sociale.


Les chercheurs de l'équipe Épidémiologie des maladies allergiques et respiratoires parviennent précisément à une estimation comprise à 1 milliard à environ 2 milliards d'euros/an, soit 15 % à 31 % du déficit 2012 (de – 5,5 milliards d'euros) pour la branche assurance maladie du régime général de la sécurité sociale. Cette estimation ne comprend que les coûts attribuables à la pollution de l'air de prise en charge par le système de santé des 5 maladies respiratoires les plus répandues (BPCO, bronchites chronique et aiguë, asthme et cancer des voies respiratoires) des hospitalisations pour ces pathologies, ainsi que des hospitalisations liées aux pathologies cardiovasculaires.

La pollution, un facteur économique majeur au-delà de son impact sanitaire : Si cette étude prend en compte une partie du fardeau lié aux maladies respiratoires et cardiovasculaires liées à la pollution, de nombreux autres risques sont aujourd'hui documentés. Pour ne citer que le risque de décès en France, une analyse des données de l'étude Aphekom a estimé à des milliers de décès chaque année, probablement aux alentours des 10.000, au-delà des centaines d'hospitalisations cardiaques et respiratoires, les effets de la pollution en France. L'espérance de vie à 30 ans pourrait augmenter de 3,6 à 7,5 mois si les concentrations moyennes annuelles de PM2,5 respectaient la valeur guide de l'OMS (10 µg/m3). L'impact est donc indiscutable sur la santé et la longévité et les efforts dans la mise en œuvre de politiques publiques d'amélioration de la qualité de l'air doivent être poursuivis. Enfin, rappelons aussi l'augmentation de la prévalence des allergies respiratoires, qui touchent, en France, près d'ne personne sur quatre.

Il faut évidemment penser aux générations futures : La pollution est non seulement à l'origine de 15 % des asthmes chez l'enfant mais ses microparticules sont reconnues comme cancérigènes et facteurs d'infections ORL, de rhumes et de grippes, d'hypersensibilité aux allergènes alimentaires, d''infarctus du myocarde et d'augmentation du risque général d'événements cardio-vasculaires. Sans compter les risques accrus de troubles du comportement.

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