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ANXIÉTÉ chez L'Enfant: L'amygdale en sait déjà long

Actualité publiée il y a 7 années 8 mois 5 jours
Biological Psychiatry

Le stress prolongé et l'anxiété pendant l'enfance est un facteur de risque de troubles anxieux et de dépression plus tard dans la vie, il est donc primordial de pouvoir détecter les troubles anxieux à l'enfance. Ces chercheurs de l'Université Stanford montrent que par la mesure de la taille et de la connectivité d'une région du cerveau, l'amygdale, associée à l’émotion, ils peuvent prédire le niveau global d'anxiété éprouvé par un enfant dans sa vie quotidienne. Ces travaux, impressionnants, viennent d’être présentés dans l’édition du 20 novembre de la revue Biological Psychiatry.

De précédentes études chez l'adulte atteint de troubles anxieux, ont montré une amygdale élargie et fortement connectée. Les études sur l'animal soumis au stress montrent que l'amygdale gagne des synapses supplémentaires et que la connectivité synaptique s'accroît en réponse à un stress persistant. L'amygdale une zone du cerveau située dans le lobe temporal comprend plusieurs sous-régions associées à différents aspects de la perception, de l'apprentissage et de la régulation des émotions. L'amygdale basolatérale, en particulier, est connue pour son rôle dans le traitement de l'information sensorielle liée à l'émotion et la communication de cette information au néocortex.


L'étude a été menée auprès de 76 petits participants enfants âgés de 7 à 9 ans, sans antécédents de troubles neurologiques ou psychiatriques, et sans traitements médicamenteux, qui ont passé des tests cognitifs et émotionnels. Leurs parents ont renseigné par questionnaire standard le comportement de l'enfant, sa capacité cognitive générale, son comportement social et son bien-être émotionnel. Aucun des enfants de l'étude ne pouvait être considéré comme cliniquement anxieux.

Puis, les chercheurs ont rapproché, pour chaque enfant, les résultats de l'évaluation avec les données sur la taille et la connectivité du cerveau recueillies par IRM fonctionnelle.

Les chercheurs constatent que,

· l'amygdale basolatérale présente des liens fonctionnels étroits avec plusieurs zones du néocortex chez les enfants à niveaux d'anxiété élevés,

· 4 systèmes du néocortex semblent touchés par l'anxiété, l'un est impliqué dans la perception, l'autre dans l'attention et la vigilance, un troisième dans la récompense et la motivation, et le dernier dans la détection des stimuli et la régulation des réponses émotionnelles.

Des modifications de la structure et de la connectivité de l'amygdale, sont identifiées chez les enfants souffrant d'anxiété, jugées importantes, notamment en raison de leur jeune âge mais aussi en raison du niveau de leur anxiété, trop faible pour être considérée comme clinique.

En décryptant l'influence de l'anxiété à l'enfance sur ces circuits spécifiques de l'amygdale, cette étude va certainement contribuer à améliorer la détection précoce des troubles anxieux chez l'enfant. Le Pr Vinod Menon, professeur de psychiatrie et de sciences comportementales, auteur principal de l'étude, résume : Plus forte est la connexion de l'amygdale avec les autres zones du cerveau impliquées dans la perception et la régulation des émotions, plus l'anxiété de l'enfant est élevée. Cependant, les résultats ne signifient pas qu'un jeune enfant présentant une amygdale élargie et très connectée développera nécessairement des troubles de l'humeur. Car si les données actuelles représentent une étape dans l'identification des enfants à risque, elles ne permettent pas encore d'estimer précisément ce risque.

Source: Biological Psychiatry via Stanford Size, connectivity of brain region linked to anxiety level in young children, Stanford study shows

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