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CANCER de la PROSTATE : 3.866 mutations génétiques identifiées

Actualité publiée il y a 10 années 8 mois 1 semaine
Nature

On pourrait parler de carte ou de code génétique du cancer de la prostate. Ce code vient d’être "cracké", soit 3.866 mutations génétiques identifiées, avec ces nouvelles recherches qui permettent de comprendre les raisons génétiques complexes pour lesquelles certains hommes peuvent développer un cancer de la prostate et d'autres pas. C’est le travail de plusieurs instituts de recherche à travers les États-Unis financé par de nombreuses organisations américaines, dont les National Cancer Institute and National Institutes of Health. Des conclusions importantes, - le cancer de la prostate étant la deuxième cause de décès par cancer chez les hommes - publiées dans l’édition du 10 février de la revue Nature.

La recherche de séquences entières numérisées de la génétique des tumeurs de la prostate et leur comparaison à la génétique de cellules saines du même patient a permis en effet, d'identifier une série de mutations puis les modèles génétiques qui décrivent comment l'ADN est parfois réarrangé dans ces tumeurs. Les chercheurs suggèrent que ces modèles sont spécifiques au cancer de la prostate et peuvent jouer un rôle important dans son développement.


Il faudra un certain temps avant que ces connaissances puissent être utilisées dans le diagnostic ou le traitement car ce sont plusieurs milliers de mutations identifiées pour chaque tumeur et l'effet spécifique à chaque mutation doit encore être précisé.

L'analyse a été menée sur 7 tumeurs chez 7 hommes, ce qui en fait, tout de même une étude limitée. Les chercheurs ont entrepris de séquencer le code de l'ADN de cellules cancereuses de la prostate. Des recherches antérieures, à travers des études d'associations pangénomiques, avaient déterminé que 9 variantes dans le code de l'ADN sont associées à un risque accru de cancer.

Suivre l'évolution des cellules saines vers des cellules cancéreuses : Mais la méthode de cette récente recherche diffère, car ici, les chercheurs sont parvenus à "lire" la totalité du code génétique des cellules d'une personne atteinte de cancer de la prostate et l'ont comparée avec la séquence génétique des cellules de cette même personne avec sa prostate en bonne santé. En utilisant cette méthode, les chercheurs ont pu identifier les évolutions et les mutations génétiques intervenues dans ces cellules au fur et à mesure qu'elles devenaient cancéreuses. Pour cela, les chercheurs ont utilisé l'ADN extrait d'échantillons de tumeurs de la prostate de 7 hommes ayant subi une prostatectomie radicale. Des échantillons de sang de ces hommes ont également été prélevés, l'ADN extrait du sang étant utilisé comme témoin.

Les chercheurs ont séquencé le génome entier de cellules cancéreuses de la prostate, à la recherche des mutations et variations qui n'existaient pas dans les cellules normales du même patient. Une partie des mutations détectées ont été contrôlées en utilisant des méthodes différentes pour valider le processus original. Ce sont 3.866 mutations d'une seule lettre du code génétique de chaque tumeur, un taux de mutation similaire à celui observé dans la leucémie myéloïde aiguë et le cancer du sein, mais inférieure à celui observée dans le cancer du poumon à petites cellules et le cancer de la peau.

2 des 7 tumeurs testées présentaient des mutations dans deux gènes, appelés SPTA1 et SPOP, dans 3 des 7 tumeurs, des mutations dans trois gènes appelés CHD1, CHD5 et HDAC9, dans 3 des 7 tumeurs des mutations dans HSPA2, HSPA5 et HSP90AB1. Les chercheurs ont identifié 90 réarrangements chromosomiques dans chaque tumeur et notent que ce nombre est similaire à celui observé dans les cellules du cancer du sein. Les réarrangements ont montré un schéma spécifique jamais vu, auparavant, dans d'autres tumeurs solides.

La découverte de ces nombreuses mutations dans le code génétique des cancers de la prostate, dont certaines sont associées à des gènes connus, conduit les chercheurs à conclure que ces mutations peuvent contribuer au développement de tumeurs de la prostate. Les chercheurs suggèrent également que les réarrangements de l'ADN peuvent être des événements critiques dans l'initiation du cancer de la prostate. Une étude qui doit encore, précisent-ils, être généralisée à un plus grand nombre d'échantillons.