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Le CANNABIS empêche-t-il de travailler?

Actualité publiée il y a 7 années 7 mois 1 semaine
Inserm et Cell

Cette étude, proposée par l’Inserm, qui porte précisément sur la mémoire de travail (et non sur le travail en général), constate, à son tour, un effet délétère des cannabinoïdes sur la mémoire de travail, c'est-à-dire celle qui nous permet de réaliser des opérations cognitives courantes, comme réfléchir, lire, écrire, calculer… à partir d’informations stockées temporairement. L’étude, publiée dans l’édition du 2 mars, de la revue Cell, qui prend en compte les preuves sur l'intérêt du cannabis dans le traitement de plusieurs maladies, permettra aussi, précisent ses auteurs, d'optimiser son potentiel thérapeutique, « aujourd'hui limité par d'importants effets indésirables associés à leur consommation ».

Les chercheurs, emmenés par Giovanni Marsicano, chargé de recherche Inserm à l'université Bordeaux Segalen, en collaboration avec une équipe de l'université d'Ottawa confirment, comme un effet majeur, l'observation d'une détérioration de la mémoire de travail chez les personnes ayant consommé du cannabis. Cette observation a été réalisée sur l'Homme comme sur l'animal.


Mais ils identifient également le mécanisme cellulaire d'action de ces substances sur la mémoire de travail. L'effet des cannabinoïdes, soit environ 60 composés issus de la feuille et la fleur de cannabis, sur la mémoire de travail, s'exerce via leurs récepteurs localisés sur les cellules gliales de l'hippocampe du cerveau, la zone qui coordonne les processus de mémoire de travail. Le cannabis en entrainant une diminution des connexions neuronales dans l'hippocampe, réduit la capacité de l'usager à effectuer des tâches du quotidien.

L'équipe s'est penchée sur le récepteur CB1, particulièrement abondant au niveau des terminaisons nerveuses (Cf. schéma) du cerveau. Le récepteur CB1 est présent à la fois sur la membrane des neurones (en jaune) mais aussi sur la membrane de cellules dites "astrogliales" (en rose) de l'hippocampe (en orange) qui servent de support aux neurones. La liaison des cannabinoïdes (en vert) aux récepteurs CB1 (en rose) active l'envoi de signaux (glutamate, en bleu clair) aux récepteurs à glutamate (en bleu foncé) des terminaisons nerveuses qui permettent la circulation de l'information de neurones en neurones. Ce mécanisme module la force des connexions entre les neurones de l'hippocampe (dépression du signal) qui perturberait la mémoire de travail.

Les récepteurs des cellules astrogliales responsables des effets délétères du THC : Lorsque les chercheurs évaluent la mémoire de travail spatiale, sur 2 groupes de souris

· sans récepteurs CB1 sur les neurones, le THC induit des déficits de mémoire de travail spatiale chez les souris,

· sans récepteurs sur les cellules astrogliales les performances de mémoire de travail spatiale sont préservées chez les souris.

« La description des mécanismes d'action spécifiques des cannabinoïdes au niveau de l'hippocampe permettra d'optimiser leur potentiel d'utilisation thérapeutique, aujourd'hui limité par d'importants effets indésirables associés à leur consommation » concluent les chercheurs.

Source: Communiqué Inserm, Cell 2 Mars 2012 « Astroglial CB1 Receptors Mediate Cannabinoid Alterations of Synaptic Plasticity and Working Memory” (Vignette Neuron-NIH)

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