Actualités

OBÉSITÉ: KLF14, le gène qui fait grossir identifié ?

Actualité publiée il y a 11 années 1 mois 2 semaines
Nature Genetics

Cette étude génétique a examiné comment les variations génétiques associées à des changements dans l'activité d'un gène (appelé KLF14) avait des effets secondaires sur l'activité d'un réseau de gènes impliqués dans le métabolisme. L'activité de ces gènes dans les cellules graisseuses a été associée à l'indice de masse corporelle, la glycémie et le taux de cholestérol. Si cette étude ne pourra conduire directement à de nouvelles options thérapeutiques, elle démontre que la génétique qui sous-tend certains troubles métaboliques comme l'obésité et le diabète est complexe et liée à une interaction de gènes plutôt qu’à un gène en particulier. Des conclusions publiées dans l’édition du 15 mai de la revue Nature Genetics.

Menée par des chercheurs du King's College de Londres et de l'Université d'Oxford, cette étude génétique a examiné comment certaines variations génétiques déjà identifiées comme associées avec le diabète de type 2 et l'hypercholestérolémie pourrait avoir un effet sur d'autres gènes liés au métabolisme. L'étude n'a pas examiné l'activité de ces gènes chez les personnes atteintes d'obésité et il est trop tôt pour affirmer que KLF14 est «le gène qui fait grossir» mais la question est posée.


D'autres études d'association pangénomique ont montré que les variations génétiques à proximité du gène KLF14 sont associées avec le diabète de type 2 et la régulation du cholestérol. Le gène KLF14 est codant pour un type de protéine appelée facteur de transcription, qui régule le degré d'activité des de certains gènes cibles. Les chercheurs ont donc examiné la possibilité que ces variations génétiques à proximité de KLF14 puissent également avoir un effet sur l'activation d'autres gènes situés loin de KLF14. Les chercheurs ont prélevé des échantillons de sang et de tissus de 856 jumelles participant à l'étude Multiple Tissue Human Expression Resource (MuTHER). Les chercheurs constatent qu'une variation génétique (SNP) rs4731702, qui se trouve à proximité du gène KLF14 influence l'activité de KLF14 et est également associée à l'activité d'une série de gènes du tissu adipeux. Ces gènes se trouvent loin du gène KLF14 mais sont “trans-régulés” par KLF14.

En travaillant sur 10 gènes dont les niveaux d'activité étaient liés à rs4731702, les chercheurs constatent que 7 montrent une association avec rs4731702. Les chercheurs suggèrent que rs4371702 est donc associé à la variation de l'activité de ces gènes. Ils constatent que:

• 6 des gènes sont associés à l'IMC et au taux de cholestérol

• 5 sont associés à des niveaux de lipides et d'insuline dans le sang

• 4 sont associés à la façon dont l'insuline régule les niveaux de sucre dans le sang

• 2 sont associés à des niveaux de glucose sanguin

Les chercheurs concluent que KLF14 est un gène maître régulateur de l'expression des gènes du tissu adipeux et que l'activité des gènes qui sont réglementés par KLF14 sont associés à des changements dans le métabolisme associés eux-mêmes à un risque de trouble métabolique.