Actualités

Semaine de la VACCINATION : Halte aux idées reçues

Actualité publiée il y a 11 années 2 mois 1 semaine
Santé publique

La dernière campagne de vaccination contre la grippe H1N1, avec ses maladresses, ses erreurs stratégiques et son coût, a accru la méfiance des Français à l’égard de la vaccination. La Semaine européenne de la vaccination du 26 avril au 2 mai 2011 va rappeler aux Français l’importance de la vaccination, en particulier contre la rougeole, même si certaines associations anti-vaccins tiennent un discours pour le moins préoccupant.

La méfiance des Français vis-à-vis des médicaments et des vaccins a récemment été mise en avant par l'enquête du Collectif inter-associatif sur la Santé (CISS), réalisé à l'occasion du 9e anniversaire de la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. Il conclut que « l'affaire Mediator » aura entamé la confiance des Français vis-à-vis du médicament, tout comme l'échec de la campagne vaccinale anti-H1N1 a pu entamer le crédit vis-à-vis de la vaccination. Il appartient donc aux médecins traitants et aux professionnels de la santé de rassurer la population sur le délicat sujet de la vaccination.


Les mouvements anti-vaccins ne manquent pas d'arguments pour faire douter du bien-fondé de la vaccination. Ont été évoqués, les adjuvants, utilisés pour accroître la capacité de vaccination des doses produites mais bien non recommandés par l'OMS pour la vaccination des femmes enceintes. Les conservateurs, comme le thiomersal -l'agent conservateur présent dans des flacons multidoses-, pourtant, selon les U.S. Centers of Disease Control and Prevention (CDC), il n'existe aucune preuve que le thiomersal soit nuisible à une femme enceinte ou au fœtus ou aux jeunes enfants. Le mercure ou plutôt le méthyl-mercure, composé du thiomersal, qui pourrait favoriser l'autisme ou d'autres troubles neurologiques, en particulier chez les enfants, a également inquiété l'opinion américaine et les organisations anti-vaccination. On citera enfin l'augmentation du risque de narcolepsie, évoquée avec le vaccin anti H1N1 Pandemrix®, pour laquelle une relation causale avec le vaccin n'est pas à ce jour établie ou encore le fait qu'en de très rares occasions, des sujets peuvent développer le syndrome de Guillain Barré dans les jours ou les semaines qui suivent une vaccination ou, pour finir, l'histoire du Dr Andrew Wakefield, doublement désavoué pour avoir affirmé en 1998 que le vaccin ROR (rougeole, oreillons rubéole) déclenchait une sorte de maladie de Crohn…

Si ces exemples d'effets indésirables sont nombreux dans l'histoire de la vaccination, les preuves scientifiques restent rares et la position reste difficile à défendre lorsque l'on sait que la vaccination des enfants a permis de faire disparaître un grand nombre de fléaux infectieux et d'éviter des millions de décès.

Attention aux médecines alternatives : En lieu et place du médicament ou du vaccin, ces associations plaident pour les médecines alternatives qui n'ont pas fait leurs preuves. Ces « médecines alternatives » ou dites « complémentaires », ou «douces » ou encore « naturelles » peuvent être très « tentantes » à l'heure de l'annonce d'événements indésirables ou d'absence d'efficacité de certains traitements médicamenteux… et peuvent donner, parfois à tort, en raison de leur caractère dit naturel, une image de sécurité. Pourtant là aussi, des risques existent, en particulier lorsque ces pratiques viennent se substituer aux traitements conventionnels, rappelait la DGS, en janvier dernier, dans son Avis sur les Pratiques non conventionnelles.

La vaccination solidaire: Il reste donc du rôle des professionnels de la santé de rappeler l'efficacité de la vaccination et, d'expliquer, aux plus réticents, qu'avant toute mise sur le marché, un vaccin a fait l'objet d'une longue et rigoureuse évaluation, afin de s'assurer de son efficacité et son innocuité.

Il convient également de rappeler que la vaccination est aussi un acte solidaire : lorsque l'on ne tombe pas malade, on ne contamine pas les autres. Cela peut paraître évident, mais cet argument peut finir de convaincre les derniers Français réticents du bien fondé de la vaccination.

En conclusion, citons la position du Comité Consultatif National d'Ethique qui précise dans son Avis n°106 « qu'une autonomie mal comprise qui se traduirait par un refus de soin, dont l'effet serait de favoriser la propagation de la maladie, serait difficilement acceptable par l'ensemble du corps social. Elle devrait s'effacer au nom de l'exigence de solidarité. Cela ne pourrait cependant dispenser les acteurs de santé de leur devoir d'écoute et de dialogue avec les sujets récalcitrants, pour essayer de les convaincre d'accepter un traitement préventif ou curatif, conformément au code de déontologie. »

Certaines mutuelles l'ont bien compris et mettent l'accent sur la prévention en remboursant les vaccins non-remboursés par la Sécurité sociale mais prescrits par le médecin traitant.