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THS et DÉMENCE: Des œstrogènes pour retarder l'ALZHEIMER?

Actualité publiée il y a 6 années 8 mois 1 semaine
PLoS ONE

Alors que le traitement hormonal substitutif (THS) contribue à restaurer les niveaux d'hormones féminines œstrogènes, cette petite étude, menée par l’Université de Californie, soutenue par le US National Institute on Aging (NIA-NIH), suggère que pour les femmes porteuses d’une variante génétique (APOE-e4) déjà associée au vieillissement cellulaire, le THS pourrait contribuer à protéger contre le vieillissement, voire contre le déclin cognitif. Les conclusions, publiées dans l’édition du 13 février de la revue PLoS ONE, quoique mitigées, confirment l’action « tampon » des œstrogènes contre les effets néfastes d’APOE-e4.

Le traitement hormonal substitutif (THS) est utilisé pour traiter les symptômes de la ménopause, mais peut augmenter le risque de cancer du sein et de l'ovaire. C'est pourquoi, son utilisation est de moins en moins fréquente, et toujours soumise à l'évaluation pour la patiente du rapport bénéfice-risque. Les scientifiques de l'Université of Californie et d'autres instituts d'études américains ont mené cette petite étude auprès de 63 femmes ménopausées qui prenaient un THS depuis un an au moins, pour examiner la relation entre la variante génétique APOE-e4, l'hormonothérapie substitutive et la longueur des télomères, un indicateur du vieillissement cellulaire.


Car cette variante génétique APOE-e4 est déjà connue comme facteur de risque accru de maladie d'Alzheimer et des études précédentes ont également suggéré un lien entre la longueur des télomères, le déclin cognitif et la maladie d'Alzheimer. Avoir une copie d'APOE-e4 implique un risque multiplié par 4 de développer la maladie deux copies, un risque multiplié par 10.

Les chercheurs précisent ainsi qu'il y a des preuves croissantes du lien entre la longueur des télomères et les maladies neuro-dégénératives telles que la maladie d'Alzheimer et le déclin cognitif. D'autres ont suggéré un lien possible entre l'exposition aux œstrogènes et des télomères « plus » longs.

Ici, les chercheurs ont regardé quelle était la longueur des télomères chez les femmes porteuses du gène APOE-e4 et quelle était l'effet du THS dans ce cas.

Les auteurs constatent que:

· les femmes ménopausées qui présentent la variante APOE-e4 ont un risque multiplié par 6 de raccourcissement des télomères (OR : 6,26 IC : 95% de 1,02 à 38,49).

· les femmes ménopausées qui présentent la variante APOE-e4 ont une réduction diminuée de la longueur des télomères lorsqu'elles prennent un THS.

· les femmes ménopausées qui ne présentent pas la variante APOE-e4 souffrent d'une moindre réduction de la longueur des télomères si elles arrêtent leur THS.

Cette petite étude confirme donc la réduction d'un indicateur du vieillissement cellulaire, la longueur des télomères, avec le THS, en particulier en cas de variante APOE-e4. Mais elle ne démontre pas l'effet du THS sur le risque de démence ou d'Alzheimer, même si les auteurs suggèrent que le THS peut avoir un effet tampon contre le vieillissement cellulaire accéléré chez les femmes ménopausées à risque de démence.

Source: PLOS ONE doi:10.1371/journal.pone.0054713 online February 13 2013 Accelerated Cell Aging in Female APOE-ε4 Carriers: Implications for Hormone Therapy Use

Lire aussi: MÉNOPAUSE: Du nouveau sur le front du THS

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