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Virus aviaire H7N9: Des glissements génétiques préoccupants

Actualité publiée il y a 5 années 6 mois 1 semaine
OMS

Alors que 132 cas ont été confirmés au 7 juin dont 131 cas par la Commission de santé chinoise et 1 cas par les CDC de Taipei, l’Organisation mondiale de la santé publie un nouvel état des lieux des connaissances sur ce virus aviaire H7N9, qui pour la première fois a donné lieu à des infections humaines. L’OMS reste en particulier très préoccupée par les glissements génétiques déjà observés chez ces virus, avec une adaptation croissante aux mammifères et donc à l’Homme. L’OMS évoque la possibilité d’une transmission interhumaine plus soutenue, entraînant une augmentation du nombre de cas cliniquement graves et une tension possible des systèmes de santé. A ce jour des candidats-vaccins provisoires sont en développement, mais il n’y a aucune recommandation sur la fabrication à grande échelle d’un vaccin anti-H7N9.

Les personnes les plus vulnérables semblent être les hommes d'âge moyen ou plus âgés. Le taux de létalité est estimé à 28%.


Difficilement détectable, c'est une particularité du virus, qui ne provoque pas de maladie grave chez les volailles. Les oiseaux n'apportent donc aucun indice d'infection et il reste donc difficile d'identifier quand un patient a été en contact avec une volaille infectée par le virus. Si désormais, l'exposition des volailles contaminées ou à leur environnement est considérée comme principal facteur d'infection, même si les réservoirs intermédiaires du virus, les autres sources d'infection, les voies de transmission et la capacité de propagation du virus restent à préciser. Ainsi, les 3 quarts des cas humains ont des antécédents d'exposition à des oiseaux, surtout des poulets et le virus a été détecté dans les marchés à volaille.

La transmission d'humain à humain est désormais avérée, mais sans être jugée soutenue. Seuls 4 petits groupes de cas humains ont été signalés à ce jour. Sur l'éventualité d'un grand nombre de cas bénins non détectés, les tests effectués sur plus e 20.000 personnes en Chine semblent prouver le contraire car seuls 6 patients ont présenté des infections à H7N9.

Les changements génétiques observés chez ces virus suggèrent que l'adaptation aux mammifères est préoccupante et pourrait se poursuivre. L'évolution génétique du virus, qui contient des gènes d'origines aviaires multiples, pourrait accroître sa capacité à infecter les mammifères, y compris les humains, et qui d'ores et déjà a la capacité de se transmettre entre mammifères par contact direct, ce qui a été démontré sur des furets. De plus, les variations génétiques identifiées suggèrent que le virus H7N9 a été transmis de l'animal à l'homme plus d'une fois.

La possibilité de résistance du virus aux inhibiteurs de la neuraminidase (oseltamivir et zanamivir) a été récemment démontrée, mais, globalement, le virus reste sensible à ces antiviraux.

Reconnaissant une compréhension de l'épidémiologie du virus encore limitée, l'OMS n'exclut pas de nouveaux cas humains sporadiques dans les zones touchées et éventuellement voisines. L'OMS s'interroge également sur les tendances saisonnières des flambées, même si le nombre de nouveaux cas signalés a diminué au cours des dernières semaines. De plus le déplacement de personnes infectées provenant de zones touchées pourrait entraîner quelques cas dans d'autres pays, cependant, compte-tenu de la transmissibilité actuellement limitée du virus, l'OMS ne recommande aucune restriction aux voyages ou au commerce.

Source: OMS WHO Risk Assessment as of 07 June 2013 (visuels NIH et CDC)

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