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AMIANTE: La surveillance reste plus que jamais d'actualité

Actualité publiée il y a 4 années 9 mois 4 semaines
InVS-BEH

Un poids considérable des expositions professionnelles à l’amiante dans la survenue de certains cancers dans la population , des cancers associés pour lesquels il n’existe pas de reconnaissance de maladie professionnelle, une sous-réparation fréquente, des groupes de jeunes retraités ayant été considérablement exposés et donc à risque élevé de pathologies associées, le dossier « Amiante » est loin d’être refermé. Même si l’interdiction de l’amiante est effective en France depuis 1997. Ce bilan sur les effets sanitaires de l’amiante, en dépit d’avancées significatives en épidémiologie et en prévention, appellent à l’observation sur les futures décennies et à l’information des professionnels de santé sur les pathologies liées et les aspects médico-sociaux.

Le poids de l'exposition professionnelle à l'amiante dans l'incidence de certains cancers, mésothéliome pleural, cancers bronchopulmonaires, cancers du larynx et de l'ovaire reste majeur, soit plusieurs milliers de nouveaux cas recensés chaque année: Au total, le nombre de cas de cancers attribuables à une exposition professionnelle à l'amiante est estimé, en 2012, entre 2.002 et 5.094 chez les hommes et entre 179 et 315 chez les femmes ; rapporté au nombre total de cas pour ces 4 cancers, 6,3% à 16% des cas de ces cancers seraient attribuables à cette exposition professionnelle à l'amiante chez les hommes et 1,1% à 1,9% chez les femmes. Et c'est sans compter les autres maladies induites par les expositions à l'amiante (fibrose pulmonaire ou asbestose, fibroses pleurales). Le pire reste-t-il à venir ?


Une incidence du mésothéliome pleural en hausse: Si l'exposition à l'amiante est reconnue comme le facteur principal du mésothéliome, le programme national de surveillance du mésothéliome nous propose dans cette édition, une actualisation de la part attribuable à ces expositions et de la distribution des cas par profession et secteur d'activité. Sur les 3.992 cas analysés, dont 83% cas précisément diagnostiqués, on observe une augmentation du nombre de cas annuels estimé sur l'ensemble de la période, de 736 à 1.073 cas entre les périodes 1998-2000 et 2009-2011. La part attribuable à l'exposition à l'amiante est estimée à 87,3% chez les hommes et à 64,8% chez les femmes. En effet, pour 28% des femmes, l'expertise ne permet pas de retrouver une exposition à l'amiante. Sans doute parce que les expositions extra-professionnelles représentent près d'un tiers des expositions à l'amiante chez les femmes.

Quel suivi socio-médical?

- L'analyse des facteurs associés à la prise en charge médicosociale des sujets atteints de mésothéliome pleural inclus dans le PNSM menée chez 2.131 patients sur la période 1999-2011, montre que 62% ont effectué une déclarations en maladie professionnelle (DMP). Les facteurs associés à cette DMP sont, chez les hommes : un âge inférieur à 65 ans, le statut d'ouvrier, la vie en couple et une exposition professionnelle à l'amiante identifiée

- Chez les 1.891 sujets identifiés sur la période 2005-2011, 58% ont adressé une demande au Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (Fiva) et 47% conjointement à une DMP. 26% n'avaient fait aucune démarche.

Des résultats qui appellent à renforcer l'information des professionnels de santé sur les enjeux médicosociaux liés au mésothéliome pleural. En effet, ces données suggèrent comme frein possible à la déclaration et à la demande au Fiva, une difficulté pour les médecins de faire le lien entre maladie et travail, d'où l'absence de certification médicale.

Depuis 2012, un dispositif de maladie à déclaration obligatoire : Mis en place par par l'Institut de veille sanitaire (InVS) depuis janvier 2012, le dispositif implique que tout diagnostic médical donne lieu à déclaration à l'ARS. Ce dispositif permet, à partir de l'analyse des 1.282 cas notifiés entre janvier 2012 et avril 2014 de caractériser la localisation, soit,

· 86% au niveau de la plèvre,

· 8% au niveau du péritoine

· 6% sur d'autres localisations.

· Le sexe-ratio est de 2,4.

L'adhésion des médecins au dispositif est bonne, cependant le délai moyen de notification à à l'ARS était atteint 71 jours.

Ce dispositif de DO va permettre d'obtenir des indicateurs d'incidence des mésothéliomes au niveau national et régional, en particulier des mésothéliomes hors plèvre et sur les zones non couvertes.

Quelles sont les personnes ayant été les plus exposées? Le programme Épidémiologie et surveillance des professions indépendantes (ESPrI) permet aujourd'hui d'évaluer chez les artisans récemment retraités, une éventuelle exposition professionnelle passée à l'amiante.

· L'estimation de la prévalence globale d'exposition professionnelle à l'amiante sur l'ensemble de la vie professionnelle est très élevée, soit 64%, soit plus du double de celle des retraités salariés.

· Le secteur tertiaire est évidemment moins concerné,

· la durée d'exposition moyenne l'est également, soit 27,4 ans, similaire à celle évaluée pour les retraités du régime général,

· près de la moitié des artisans retraités ont été exposés durant plus de 30 ans,

· Ont été exposés à des niveaux élevés les artisans du secteur du commerce et de la réparation automobile.

Cette analyse révèle ainsi, chez les artisans retraités, une exposition fréquente, durable, et élevée de nature à accroître de manière significative le risque de mésothéliome.

Quel pronostic ? Une analyse menée sur les données de 28.449 victimes, suivies durant 4 ans et indemnisées pour des pathologies bénignes : plaques pleurales, épaississements pleuraux et asbestose met en évidence, chez toutes les victimes masculines, un excès de décès statistiquement significatif par tumeurs de la plèvre et par maladies non cancéreuses de l'appareil respiratoire. Un risque accru de décès par tumeurs bronchopulmonaires est également observé parmi les victimes d'asbestose et d'épaississements pleuraux. Au global, le taux de décès à 4 ans est compris entre 6 et 20% selon la pathologie. Et c'est sans compter avec les patients qui décèdent avant demande d'indemnisation. Car ces victimes constituent un sous-ensemble de personnes qui décèdent en moyenne plus tôt que l'ensemble des victimes.

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