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CANCER COLORECTAL : L'histoire du labrador renifleur de cancer

Actualité publiée il y a 8 années 8 mois 2 semaines
GUT

C’est l’histoire d’un labrador, spécialement formé à flairer le cancer du côlon, même lorsque la maladie est à un stade précoce. Ce chien s’est montré aussi bon que des tests conventionnels en reniflant l'haleine ou des échantillons de selles des patients : Il a réussi à identifier correctement le cancer dans 33 des 36 tests d'échantillons d'haleine et dans 37 des 38 tests d'échantillons de selles. Cette étude japonaise vient d’être publiée dans l’édition du 31 janvier de Gut, une revue « peer-reviewed » du groupe British Medical Journal. S'il semble difficile, sur un plan pratique, de former des chiens pour faire ce travail, cette recherche sera suivie par d’autres qui évalueront comment des composés chimiques de l'air expiré peuvent être utilisés pour dépister le cancer.

Car la détection et le traitement précoces sont une obsession –justifiée- des médecins pour le succès du traitement de divers cancers. L’existence d'un test de dépistage, aussi économique et non-invasif que le test de sang occulte dans les selles pour la détection précoce du cancer colorectal (CRC) est donc primordiale. Cette étude a utilisé une autre méthode, la détection olfactive canine pour déterminer si les odeurs peuvent devenir un outil efficace pour le dépistage du CCR.

Méthodologie : Des échantillons de souffle et de selles ont été obtenus chez des patients atteints de CCR contrôlés en bonne santé avant la coloscopie. Chaque groupe d'essai se composait d'un groupe de patients avec le CRC et de 4 groupes de bénévoles témoins sans cancer. Les échantillons prélevés ont été placés au hasard et séparément dans cinq boîtes. Le labrador spécialement formé à la détection de l'odeur du cancer devait s'asseoir en face de la boîte dans laquelle le cancer est détecté.


Résultats : 33 et 37 groupes de souffle et des échantillons de selles liquides, respectivement, ont été testés. Parmi les patients atteints ou non de CCR, la sensibilité de la détection olfactive canine des échantillons d'haleine par rapport au diagnostic classique par coloscopie s'élève à 0,91 et la spécificité (% de personnes sans cancer bien identifiées) à 0,99. La sensibilité de la détection olfactive canine des échantillons de selles s'élève à 0,97 et la spécificité à 0,99. La précision de la détection olfactive canine s'avère élevée, même pour les cancers précoces. Le tabagisme éventuel du patient ou toute maladie bénigne colorectale ou encore inflammatoire n'a pas perturbé la précision de la détection olfactive.

Cette étude montre qu'une odeur spécifique du cancer CCR existe bel et bien que les composés chimiques spécifiques au CCR sont en circulation dans l'ensemble du corps. Ces odeurs, même si le procédé peut paraître surprenant, peuvent devenir des outils efficaces pour le dépistage du CCR. Evidemment, les chercheurs soulignent qu'il semble difficile, sur un plan pratique de former des chiens pour faire ce travail. Mais cette recherche va être suivie par d'autres qui évalueront comment des composés chimiques de l'air expiré peuvent être utilisés pour dépister le cancer.

Un petit mot sur le chien tout de même, c'est une femelle labrador retriever âgée de 8 ans qui, préalablement à cette étude, avait été exposé à des échantillons d'haleine recueillis auprès de plusieurs centaines de patients atteints de cancer et 500 volontaires sains recrutés par Internet.