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CANCER de la PROSTATE: Les médecins ont du mal à renoncer au test PSA systématique

Actualité publiée il y a 7 années 10 mois 2 semaines
Cancer

Bien qu’aux Etats-Unis, sur la recommandation des Preventive Services Task Force (USPSTF) en octobre 2011, les hommes en bonne santé ne devraient plus subir systématiquement et en routine le test PSA (prostate-specific antigen) de dépistage du cancer de la prostate, les médecins ont du mal à arrêter ces tests de PSA, en dépit des avantages douteux ou même des dangers évoqués. Une pratique clinique qui intéressera la France aussi, puisque plus tardivement, en avril 2012, la Haute Autorité de Santé a reprécisé les conditions spécifiques de pertinence d’un dépistage par PSA, après identification des facteurs de risque. Sur la base de ces critères, en France, comme aux Etats-Unis, seuls les hommes à haut risque devraient subir ce dépistage par PSA. Des conclusions précieuses, publiées dans l’édition du de la revue Cancer. Ces recommandations récentes rencontreraient, selon ces auteurs de l’Ecole de Médecine John Hopkins, un sérieux refoulement de la part des généralistes, selon les résultats de leur sondage réalisé auprès de 125 médecins généralistes. Les chercheurs constatent en effet que les médecins font face à une opposition à l'arrêt du test de PSA de la part des hommes, âgés, au-delà de 75 ans, qui avaient déjà subi le test régulièrement. Ainsi, · 74,4% des médecins expliquent : «Mes patients s'attendent à ce que je continue à leur prescrire chaque année le test PSA," · 66% des médecins justifient : «Il faut plus de temps pour expliquer pourquoi le dépistage PSA n’est pas/plus utile » · Plus de la moitié des patients interrogés déclarent qu’en ne prescrivant pas le test, le médecin commet une faute professionnelle.

Il semble donc très difficile pour les médecins de briser cette croyance qu'un test de dépistage ne peut pas « faire de mal » et est toujours bon pour tout le monde tout le temps, explique le Dr Craig E. Pollack, professeur adjoint en médecine interne à l'université Johns Hopkins, « Pourtant, tout le monde s'accorde aujourd'hui que le dépistage par PSA n'est pas toujours bénéfique ».


Un rapport bénéfice-risque négatif pour les hommes en bonne santé: Selon l'USPSTF, les preuves suggèrent que les effets nocifs (faux positifs, biopsies et traitements inutiles) du dépistage par PSA des hommes en bonne santé l'emportent sur ses bénéfices et en particulier en réduction du taux de mortalité. Un taux de PSA élevé ne signifie pas obligatoirement cancer de la prostate. Enfin, la plupart du temps, la maladie progresse lentement chez les hommes âgés et le décès, pour d'autres causes justifie l'inutilité d'un traitement. Car les traitements pour le cancer de la prostate peuvent inclure l'ablation de la prostate, la radiothérapie ou d'autres thérapies, à effet secondaires graves tels que la dysfonction érectile, l'impuissance, l'incontinence urinaire ou même des lésions intestinales.

Dans une autre étude qui analyse le même sondage, publiée en Avril dans les Archives of Internal Medicine, les chercheurs concluent que près de la moitié des médecins suivraient maintenant les nouvelles recommandations et éliminent le dépistage de routine pour les hommes en bonne santé. Pourtant, 21,9% déclarent être beaucoup moins susceptibles de le pratiquer, 38,6% un peu moins susceptibles de le pratiquer et 37,7% ont déclaré qu'ils ne changeraient pas leurs habitudes de dépistage. En fait, pour les médecins, comme pour les patients hommes, le dépistage par PSA fait aujourd'hui partie de l'examen médical annuel. Le médecin doit donc prendre le temps nécessaire d'expliquer au patient pourquoi le dépistage est parfois non approprié…surtout s'il souhaite éviter les litiges pour faute professionnelle.

Source: Cancer 19 APR 2012, DOI: 10.1002/cncr.27577 Primary care providers' perspectives on discontinuing prostate cancer screening

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