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CANCER de la PROSTATE : Quand le risque est "à l'index"

Actualité publiée il y a 9 années 2 mois 3 semaines
British Journal of Cancer

Des résultats qui peuvent paraître surprenants voire farfelus, et pourtant publiés dans le très sérieux British Journal of Cancer. Parce que la longueur des doigts se détermine in utero en fonction des niveaux de testostérone avant la naissance, les hommes dont l'index est plus long que l'annulaire présenteraient moins de risque de développer un cancer de la prostate, selon cette étude menée par des chercheurs de l'Université de Warwick et de l’Institute of Cancer Research. Des conclusions, surtout, qui pourraient faciliter un premier stade de dépistage du cancer de la prostate.

Le rapport entre les longueurs des doigts de la main (Hand pattern) étant fixé in utero peut-être un indicateur du taux de testostérone prénatale. Donc une exposition plus faible à la testostérone, à effet protecteur vis-à-vis du cancer de la prostate, serait donc associée à un index plus long. A contrario, plus le bébé est exposé à la testostérone, plus son index sera court. Un index plus long que l'annulaire serait un signe prédictif d'une réduction d'un tiers de cancer de la prostate, estiment les chercheurs.


"Nos résultats montrent que le rapport entre la longueur des doigts pourrait être utilisé comme un test tout simple de risque de cancer de la prostate, en particulier chez les hommes âgés de moins de 60 ans. Ce résultat passionnant signifie qu'une simple longueur des doigts pourrait être utilisée pour sélectionner les hommes nécessitant un dépistage par test, en tenant compte également des autres facteurs de risque comme les antécédents familiaux."

Les chercheurs ont interrogé plus de 1.524 patients atteints de cancer de la prostate vs un groupe témoin de 3.044 personnes et ont comparé leur main droite à des photos de modèles de main. La forme la plus fréquemment retenue comporte un index plus court que l'annulaire. 19% des participants avaient un index et un annulaire de même longueur.

Résultats :

· Les participants donc l'index est plus long que leur annulaire ont un risque de cancer de la prostate réduit de 33% (odds ratio 0,67, intervalle de confiance 95% (CI) 0.57 à 0,80)

· Les participants de moins de 60 ans donc l'index est plus long que leur annulaire ont un risque de cancer de la prostate réduit de 87% (odds ratio 0,13, IC à 95% de 0,09 à 0.21).

Des études antérieures avaient déjà démontré une association entre l'exposition aux hormones dans l'utérus et certaines maladies. Mais cette étude indique aussi que l'exposition du fœtus aux hormones peut avoir un effet des décennies plus tard et ici, que de simples longueurs de doigts peuvent être un marqueur simple de risque de cancer de la prostate.