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EXERCICE PHYSIQUE: Seuls des objectifs réalistes pourront être tenus

Actualité publiée il y a 4 années 7 mois 3 semaines
BMJ

Deux articles d’analyse des objectifs d'activité physique fixés par l’OMS et rappelés dans son récent rapport sur les maladies transmissibles, publiés dans le British Medical Journal, appellent à plus de réalisme, en particulier pour les personnes plus âgées. En substance, un peu reste mieux que pas du tout, et, chez les personnes âgées, il manque la clé ou la manière d’atteindre l‘objectif. En conclusion, un véritable appel, documenté, à revoir les messages de prévention par l’exercice physique, avec plus de réalisme pour plus d’efficacité.

Le 19 janvier, dans son rapport sur les maladies transmissibles, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a fixé des objectifs pour la prévention et la maîtrise de ces maladies responsables de 38 millions de décès en 2012. En respectant 9 mesures « simples », l'OMS estime que 16 millions de ces décès, soit 42%, sont prématurés et évitables. Au nombre des cibles de son plan d'action, dont les principaux facteurs de risque de maladies transmissibles (tabac, apports en sel, hypertension artérielle et alcool) figure également la sédentarité ou l'insuffisance d'exercice physique. Car la situation est parlante : La sédentarité augmente le risque de maladies chroniques, en particulier le diabète, les maladies cardiaques et certains types de cancer, cela a largement été documenté. Et alors que les directives actuelles suggèrent 150 minutes d'activité d'intensité modérée par semaine, pour les adultes, plus d'un tiers des adultes dans le monde n'atteignent pas les niveaux recommandés. La (durée de) sédentarité augmente avec l'âge, de 55% (7,7 heures) à 20-29 ans, à 67% (9,6 heures) chez les personnes de plus de 70 ans. Des données qui suggèrent une inadéquation entre l'objectif et la réalité.


Comment l'OMS définit les différentes formes d'activité/inactivité physique :

· Une activité physique suffisante atteint ou dépasse les directives de santé publique actuelles de 30 minutes d'activité physique modérée, 5 fois par semaine ou 20 minutes d'activité vigoureuse trois fois par semaine, ou équivalent,

· une activité physique insuffisante est en deçà de ces les lignes directrices

· les personnes « un peu actives » sont celles qui pratiquent une activité physique modérée ou vigoureuse, mais pas assez pour répondre aux directives actuelles,

· les personnes sédentaires ou totalement inactives sont celles qui ne pratiquent aucune activité, physique modérée ou vigoureuse, régulièrement.

Pourtant, reprendre un peu d'exercice est déjà un pas significatif vers une meilleure santé : Ainsi, l'OMS met l'accent sur un objectif idéal de 150 minutes d'activité modérée par semaine sans évoquer le fait que des personnes inactives qui vont reprendre même « un peu » d'activité physique, même en deçà des recommandations vont déjà en retirer e larges bénéfices pour la santé, et, à l'échelle de la population, pour la Santé publique. Ainsi, ces experts appellent à se concentrer sur les personnes inactives en les incitant à faire un peu d'activité physique, plutôt que « d'imposer » à l'ensemble de la population un l'objectif de 150 minutes d'activité modérée par semaine.

Le Dr Philipe de Souto Barreto, de l'hôpital universitaire de Toulouse rappelle, dans un premier article, la relation dose-réponse entre l'activité physique et la santé, ce qui suggère que les bénéfices interviennent en deçà de la quantité recommandée d'activité physique. Ce rappel est documenté par des études. Dont une étude menée sur plus de 250.000 adultes américains âgés de 50 à 71 ans qui conclut que moins d'une heure d'activité physique modérée par semaine ou 20 minutes ou plus d'activité physique vigoureuse au moins une fois par semaine sont déjà associées à une réduction du risque de mortalité toutes causes confondues de 15% et 23%, respectivement. Une autre méta-analyse de 6 études montre une réduction de 19% du risque de mortalité toutes causes confondues chez les personnes qui marchent un peu plus d'1 heure par semaine. Selon le chercheur, l'objectif principal devrait donc être de petites augmentations graduelles de l'activité physique au quotidien.

Quant aux personnes âgées, elles vont éprouver des difficultés à atteindre les objectifs de 150 minutes par semaine. C'est le message du Professor Phillip Sparling du Georgia Institute of Technology, dans un second article, qui relève que, là-encore, les bénéfices d'une quantité moindre d'exercice ne sont pas mis en avant dans les messages de prévention. Il ne propose pas l'abandon de l'objectif mais appelle à une approche globale pour les patients âgés sédentaires pour les aider à atteindre les niveaux d'activité recommandés et un changement dans le message pour réduire le temps sédentaire et accroître l'activité.

Ce que les études nous ont appris « de nouveau » : Ces 10 dernières années, les études ont décortiqué les différents types de pratiques et formes d'exercice physique, avec de nouvelles données. Parmi ces conclusions,

- Le lien avéré entre une sédentarité excessive et le risque de maladies chroniques, notamment de diabète et de maladie cardiovasculaire,

- La nécessité de réduire la position assise prolongée.

- L'efficacité de l'exercice intense, par intervalle (plusieurs épisodes de 3-4 minutes d'exercice d'intensité élevée entrecoupées de plusieurs minutes de récupération de faible intensité, trois fois par semaine) dans la gestion des mêmes maladies chroniques, ainsi que pour la réduction des marqueurs de risque cardio-métabolique chez les adultes en bonne santé,

- l'exercice aérobie, adapté aux adultes plus âgés (≥65) comme pour les adultes, sur 150 minutes par semaine en séances de 10 minutes ou plus ou encore en séances de 30 minutes de marche rapide,

- la pratique de l'activité physique peut être concentrée sur 2 séances par semaine.

- L'association entre une activité physique accrue, au quotidien et la réduction de nombreux troubles associés au vieillissement dont les troubles musculo-squelettiques comme l'arthrite, l'ostéoporose et la sarcopénie, sans oublier un meilleur maintien cognitif.

Bref, une remise en cause intelligente des messages de santé publique pour plus une incitation plus large et plus efficace à l'atteinte progressive des objectifs d'exercice physique.

Sources: BMJ 2015;350:h23 21 January 2015 Global health agenda on non-communicable diseases: has WHO set a smart goal for physical activity?

BMJ 2015;350:h100 21 January 2015 Recommendations for physical activity in older adults

Plus d'études sur la Sédentarité, l'Exercice physique

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