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La DÉPRESSION conduit les mères, la nuit, à réveiller leurs bébés

Actualité publiée il y a 7 années 2 mois 3 semaines
Child Development

Les mères dépressives auront tendance à réveiller inutilement leurs bébés en pleine nuit, nous apprennent ces chercheurs de la Penn. Sentiments d'impuissance et de perte de contrôle, inquiétudes sur le sommeil et l’alimentation de l’enfant, ces mères exagèrent le contact avec leur enfant pour se rassurer, mais, en se comportant ainsi, menacent aussi la relation parent-enfant sur le long terme. Conclusion publiée dans l’édition du 17 avril de la revue Child Development, réduire la détresse des parents et les rassurer, fait partie des mesures utiles pour le bon développement de l’enfant. Cette étude est basée sur les données portant sur 45 nourrissons âgés de 1 à 24 mois, de la cohorte « Study of Infants’ Emergent Sleep Trajectories -SIESTA). Les enfants et leurs parents ont été suivis durant 7 jours consécutifs, avec aussi un agenda du sommeil du nourrisson. Le 6è jour, les chercheurs avaient mis en place plusieurs caméras vidéo, l'une là où le bébé dormait, puis dans les différents endroits du domicile où les parents avaient l’habitude de s’occuper de leur enfant, y compris pour leurs interventions nocturnes. Les caméras ont tourné entre 10 et 12 heures après le coucher de l'enfant.

« Nous avons constaté que les mères à symptômes dépressifs élevés se font trop de souci sur la santé de leurs enfants pendant la nuit que les mères sans symptômes. Ces mères sont alors plus susceptibles d'aller prendre leur bébé en pleine nuit et passer un peu de temps avec leurs enfants», résume Douglas M. Teti, directeur adjoint du Social Science Research Institute et professeur de développement, psychologie et pédiatrie. « Lorsque ces mères déprimées vont chercher leurs enfants la nuit, les enfants n'ont pas besoin d'aide parentale, ils sont endormis, parfois éveillés, mais ne sont pas « en détresse », précise l'auteur. « En revanche, les mères à faible niveau de symptômes dépressifs réveillent très rarement leurs enfants, les laissent dormir d'un sommeil sain à moins que le nourrisson ne soit en détresse ».


A contrario, les chercheurs confirment que des réveils fréquents de l'enfant la nuit entraîne aussi des symptômes dépressifs élevés chez les mères. Mais dans une moindre mesure.

Les deux plus grandes préoccupations des jeunes parents sont les problèmes de sommeil et d'alimentation. Les auteurs recommandent aux professionnels de santé de ne pas négliger ces préoccupions. Car les inquiétudes des parents pour leur enfant ou la dépression parentale, en perturbant à la fois l'équilibre des parents et le sommeil et le bien-être de l'enfant peuvent avoir des conséquences négatives sur les relations parent-enfant sur le long terme. Dans de telles situations, des mesures existent pour contribuer à réduire la détresse des parents et à les rassurer pour préserver un bon développement de l'enfant. Des symptômes dépressifs significativement corrélés avec des sentiments d'impuissance et de perte de contrôle. Ce sont ces types de sentiments qui vont accroître ce besoin (exagéré) de contact physique étroit entre la mère et son bébé.

« Il s'agit d'examiner la santé du système familial et de résoudre le problème à ce niveau», explique Douglas Téti. "Si c'est ce sont les réveils fréquents de l'enfant qui entraînent une détresse parentale, il existe des interventions pour apprendre aux bébés à autoréguler leur sommeil ». Si c'est la mère qui, inquiète, va réveiller inutilement son bébé, il existe d'autres approches permettant d'alléger les symptômes dépressifs maternels, de réduire les soucis inutiles, d'encourager le soutien du conjoint, et de convaincre les parents des avantages d'une bonne nuit pour les parents et le bébé.

Source: Child Development published online : 17 APR 2012, DOI: 10.1111/j.1467-8624.2012.01760.x Maternal Depressive Symptoms, Dysfunctional Cognitions, and Infant Night Waking: The Role of Maternal Nighttime Behavior (Visuel © Oleg Kozlov - Fotolia.com)

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