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MALADIES AUTO-IMMUNES: L'excès de sel affole le système immunitaire

Actualité publiée il y a 9 années 6 mois 3 semaines
Nature

L’excès de sel alimentaire, un facteur possible de maladies auto-immunes ? La capacité du chlorure de sodium à induire une activité enzymatique entraînant une génération spectaculaire de cellules immunitaires pathogènes TH17 suggère cet effet indésirable. Cette recherche internationale, publiée dans l’édition du 6 mars de la revue Nature, met en évidence cette relation entre chlorure de sodium et croissance de cellules T nuisibles et identifie ainsi une nouvelle cible thérapeutique pour ces maladies, dont la sclérose en plaques.

L'excès de sel alimentaire pourrait accroître le risque de développement de maladies auto-immunes, selon cette étude de chercheurs d'institutions prestigieuses (Yale University, MIT, Harvard, Vanderbilt University, University of Erlangen-Nuremberg…). Comment ? L'augmentation de la consommation de sel peut induire l'agressivité d'un groupe de cellules immunitaires impliquées dans le déclenchement et le développement de maladies auto-immunes, les cellules TH17.


Depuis ces dernières décennies, l'incidence des maladies auto-immunes est en augmentation constante. Une augmentation, expliquent les auteurs, qui ne peut s'expliquer par les seuls facteurs génétiques. Des facteurs environnementaux sont en cause, dont ceux liés au mode de vie et particulièrement aux régimes alimentaires des pays développés, à forte teneur en acides gras saturés, en sucre et …en en sel. Cette étude identifie la consommation excessive de sel comme l'un de ces facteurs.

Des études précédentes ont déjà montré que l'excès de sel alimentaire (chlorure de sodium) peut affecter les cellules macrophages du système immunitaire ou encore entraîner des changements dans les lymphocytes T « Helpers » (TH) chez les humains. Ces lymphocytes T sont avertis d'une menace pathogène par des molécules de signalisation cellulaires, les cytokines. Un sous-ensemble spécifique de cellules T Helper, les TH17, produit l'une de ces cytokines, l'interleukine 17, qui pourrait, au-delà de son rôle anti-infectieux, en jouer un autre, essentiel dans la pathogenèse des maladies auto-immunes.

Le sel rend certains lymphocytes T agressifs : En fait, l'excès de sel augmente d'abord, de façon spectaculaire la production de cellules immunitaires agressives TH17. Les chercheurs montrent ainsi, sur culture cellulaire que le chlorure de sodium conduit à une induction dramatique de TH17 qui peut atteindre jusqu'à 10 fois le niveau habituel. De plus dans ce contexte saturé en sel, les TH17 subissent d'autres changements et deviennent particulièrement agressives.

Sur la souris, le sel induit un type de SEP : la conséquence d'une l'augmentation de la consommation de sel est le développement d'une forme grave d'une maladie auto-immune, l'encéphalomyélite, un type de sclérose en plaques (SEP). Ce résultat confirme d'ailleurs, de précédentes études qui impliquaient également les cellules TH17 dans la pathogenèse de la SEP.

Des conclusions qui contribuent à une meilleure compréhension de la sclérose en plaques, l'une des maladies auto-immunes les plus fréquentes et identifie une nouvelle cible pour de nouvelles thérapies. La prise en charge du psoriasis et d'autres maladies auto-immunes pourrait également bénéficier de cette découverte. Et, au-delà, de la cible TH17 pour le développement de nouveaux médicaments, une première conclusion. La consommation excessive de sel contribue effectivement au développement de maladies auto-immunes.

Sources: Nature doi:10.1038/nature11868 online 06 March 2013 Sodium chloride drives autoimmune disease by the induction of pathogenic TH17 cells et doi:10.1038/nature11959 online 06 March 2013 Autoimmunity: Rubbing salt in the wound

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