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MÉMOIRE: La psychothérapie peut-elle faire remonter les souvenirs refoulés

Actualité publiée il y a 5 années 16 heures 1 min
Psychological Science

Les souvenirs traumatiques refoulés peuvent et doivent-ils être « remontés » par la psychothérapie et sont-ils récupérables avec exactitude et précision ? Si cette enquête, présentée dans la revue Psychological Science, ne prétend pas trancher ce vieux débat en psychologie clinique, elle montre des scientifiques et des thérapeutes toujours très divisés sur la question, et la nécessité d’un consensus en pratique clinique.

Ce scepticisme sur les souvenirs traumatiques refoulés semble avoir augmenté au fil du temps, écrivent les auteurs. Alors que certains thérapeutes pensent que les souvenirs traumatiques peuvent être réprimés par le patient durant des années puis récupérés plus tard avec l'aide du thérapeute, d'autres psychologues contestent le concept, invoquant le manque de preuves scientifiques à l'appui de la notion de mémoire refoulée.


Le Dr Laurence Patihis et ses collègues de l'Université de Californie, Irvine, ont voulu voir si les professionnels avaient évolué sur le sujet et ont interrogé en ligne des psychologues cliniciens praticiens, des psychothérapeutes et des chercheurs en psychologie.

Leur enquête révèle que,

· les psychothérapeutes traditionnels et les psychologues cliniciens sont les plus sceptiques, qu'il y a 20 ans, sur la possibilité de faire remonter des souvenirs refoulés,

· mais que 60 à 80% des praticiens, cliniciens, psychanalystes et thérapeutes interrogés conviennent, dans une certaine mesure, que les souvenirs traumatiques sont souvent réprimés et qu'ils peuvent être récupérés par la thérapie.

· C'est le cas de moins de 30 % des chercheurs en psychologie.

· Enfin, quant au grand public, il croit encore largement au concept de mémoire refoulée.

Alors que faire en pratique clinique et judiciaire ? Cet écart marqué, entre les chercheurs d'une part et les cliniciens et le public de l'autre pose évidemment question en pratique clinique et en matière judiciaire. Les stratégies thérapeutiques vont évidemment différer selon qu'on y croit ou pas, les jugements aussi, selon qu'on prenne ou non en compte un témoignage basé sur un souvenir réprimé. Les auteurs ne tranchent pas mais appellent à une plus large diffusion des recherches fondamentales sur la mémoire, en particulier dans les programmes d'études supérieures en psychologie clinique et dans les programmes de formation des autres professions de santé mentale.

Source: Psychological Science “Memory Wars" Over? A Scientist-Practitioner Gap in Beliefs About Repressed Memory (Visuel © apops - Fotolia.com)

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