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OBÉSITÉ: Des anticorps qui prolongent la faim

Actualité publiée il y a 5 années 1 mois 2 semaines
Inserm et Nature Communications

L’hyperphagie, la principale cause de l’obésité, est rencontrée chez des patients obèses dont les niveaux de ghréline, ou hormone de la faim, sont pourtant tout à fait normaux. Cette étude d’une équipe de l’Inserm décrypte ce mécanisme. En cause, certains anticorps à affinité particulière avec la ghréline qui entraînent une dégradation plus lente de la ghréline dans le plasma et une stimulation donc plus longue de l’appétit. Les conclusions, publiées dans l’édition du 25 octobre de la revue Nature Communications, datée du 25 octobre, non seulement ouvrent une nouvelle piste thérapeutique pour l’hyperphagie mais également pour les troubles inverses du comportement alimentaire, comme l’anorexie ou la perte d’appétit.

L'équipe Inserm de l'Unité “Nutrition, inflammation et dysfonction de l'axe intestin-cerveau” rappelle que le système de régulation du poids, médié par la ghréline, et qui permet normalement de faire correspondre prise alimentaire et dépense ou besoins énergétiques, est défectueux chez les patients obèses. Ces personnes vont poursuivre une prise alimentaire trop importante contribuant à une prise de poids. Chez certains de ces patients, l'hormone de la faim est pourtant retrouvée à des niveaux normaux. Dans cette étude, les chercheurs mettent en évidence dans le sang des patients obèses la présence d'anticorps particuliers, ou immunoglobulines, qui reconnaissent la ghréline et modulent l'appétit. En se liant à la ghréline, les immunoglobulines protègent l'hormone de la faim de sa dégradation rapide dans la circulation. La ghréline agit donc plus durablement sur le cerveau.


Des anticorps à forte affinité avec l'hormone de la faim : Sergueï Fetissov, chercheur à l'Inserm et auteur principal de l'étude explique que chez les sujets obèses, les immunoglobulines ont une « attirance » plus forte pour la ghréline que celle observée chez des sujets de poids normal ou chez des patients anorexiques. « C'est cette différence en « affinité » qui permet aux immunoglobulines de transporter plus de ghréline vers le cerveau et renforcer son action stimulante sur la prise alimentaire ». Ainsi, chez des rongeurs,l'administration de ghréline associée à des immunoglobulines extraites du sang de patients obèses va stimuler la prise alimentaire. La ghréline, administrée seule, ou associée à des immunoglobulines de personnes ou de souris non obèses, l'appétit des rongeurs est mieux contrôlé.

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