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VIH: Un composé du cannabis pour ralentir le sida

Actualité publiée il y a 6 années 8 mois 4 semaines
PLoS ONE

Ces chercheurs de la Mount Sinai School of Medicine viennent de faire une découverte étonnante : Des composés chimiques du cannabis ou analogues, déclenchent des récepteurs sur les cellules immunitaires humaines capables d’inhiber le VIH à stade avancé du sida. Ces conclusions publiées dans l’édition en ligne de la revue PLoS ONE, s’inspirent de l’action de ces récepteurs cannabinoïdes pour développer de nouveaux médicaments permettant de ralentir la progression du sida.

L'usage thérapeutique du cannabis est déjà courant pour traiter la douleur, la perte de poids et la perte d'appétit, des effets secondaires courants avec un sida à stade avancé. Cette étude, la première à révéler la façon dont les récepteurs cannabinoïdes CB1 et CB2, identifiés sur les cellules immunitaires peuvent influer sur la propagation du virus, va permettre de mieux comprendre l'effet de ces récepteurs sur le virus et va certainement aider les scientifiques à développer de nouveaux médicaments pour ralentir la progression du sida. «Nous savions que les cannabinoïdes comme la marijuana peuvent avoir un effet thérapeutique chez les patients sidéens, mais nous ne connaissions pas leurs effets sur la propagation du virus lui-même», explique l'auteur de l'étude, le Pr Cristina Costantino, du Département de pharmacologie et de thérapeutique du Mount Sinai. « Nous voulions étudier l'intérêt des récepteurs cannabinoïdes contre les symptômes du sida à stade avancé et pour prévenir la progression de la maladie, mais sans les effets secondaires indésirables de la marijuana ».


Un récepteur cannabinoïde parvient à bloquer le VIH à stade avancé du sida: Le VIH infecte les cellules immunitaires actives qui portent des récepteurs CD4 à leur surface, ce qui rend ces cellules incapables de combattre l'infection. Afin de se propager, le virus a besoin que les cellules immunitaires au repos s'activent. Mais, à stade avancé du sida, le VIH mute de manière à pouvoir infecter ces cellules au repos, en parvenant à rentrer dans la cellule en utilisant un récepteur de signalisation appelé CXCR4. En traitant les cellules avec un agoniste cannabinoïde qui déclenche le récepteur CB2, les chercheurs constatent que CB2 bloque le processus de signalisation d'entrée du VIH, et supprime l'infection dans ces cellules immunitaires au repos.

Pourquoi CB2 plutôt que CB1: Déclencher CB1 nécessiterait un médicament très proche du cannabis, donc « difficile » à prescrire par les médecins. C'est pourquoi les chercheurs ont préféré explorer les thérapies possibles qui ciblent CB2 seulement. L'équipe a donc infecté des cellules immunitaires en culture, en bonne santé avec le VIH, puis les a traitées avec un composé chimique qui déclenche CB2 (un agoniste). Ils constatent que ce médicament réduit l'infection.

«Développer un médicament qui ne déclenche que CB2 et qui serait un traitement d'appoint au traitement antiviral standard pourrait contribuer à soulager les symptômes du sida à stade avancé et de prévenir la propagation du virus », conclut le Pr Costantino. À la suite de cette découverte, l'équipe de recherche prévoit de développer une souris modèle de stade avancé du sida pour tester l'efficacité d'un médicament qui déclenche CB2 in vivo.

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