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ALCOOL et GROSSESSE: L'étude qui dédramatise une consommation modérée

Actualité publiée il y a 7 années 4 jours 5 heures
BJOG- British Journal of Obstetrics and Gynaecology

Y-a-t-il un niveau sans risque de consommation d’alcool durant la grossesse ? Si la consommation d’alcool reste bien à surveiller pendant la grossesse, l’analyse de cette série de 5 études de chercheurs américains, norvégiens et danois, suggère que, globalement, il n'y aurait aucun effet lié à une consommation hebdomadaire d'alcool faible à modérée sur le développement neurologique des enfants à l'âge de cinq ans. Cette recherche, financée par les US Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et publiée dans l’édition de juin du British Journal of Obstetrics and Gynaecology (BJOG), ne trouve également aucune association entre la consommation excessive d'alcool, soit 5 verres ou plus en une seule occasion et le développement neurologique des enfants...

Néanmoins, l'une des études a bien identifié une association significative entre 9 verres ou plus par semaine et le risque de troubles de l'attention chez l'Enfant. Si ces études fournissent de précieuses données sur la consommation d'alcool durant la grossesse et suggèrent que la consommation occasionnelle n'atteint pas le développement neurologique chez l'enfant, ce n'est pas un feu vert à une consommation « à tout-va » pendant la grossesse…


La consommation excessive d'alcool pendant la grossesse est bien connue (et documentée) pour augmenter le risque de fausse couche et de syndrome d'alcoolisation fœtale (SAF) qui peut entraîner un large éventail de problèmes chez l'enfant, des malformations congénitales aux difficultés d'apprentissage et troubles moteurs et du comportement. Ici, l'analyse a porté sur 5 études menées respectivement sur les effets d'une consommation d'alcool faible à modérée et excessive en début de grossesse ou à mi-grossesse, sur le QI, le niveau d'intelligence générale, la capacité d'attention et de fonctions d'exécution, d'organisation et de planification des enfants à l'âge de 5 ans. Au total, l'analyse portait sur 1,628 femmes danoises, recrutées entre 1997 et 2003, lors de leur première visite prénatale, et leurs enfants. Les femmes ont été interrogées sur leurs habitudes de consommation en début de grossesse et à la mi-grossesse puis ont été réparties en 4 groupes de consommation, celles qui ne buvaient pas du tout, 1 à 4 verres par semaine, 5 à 8 verres par semaine et 9 verres ou plus par semaine. Des données ont été recueillies également sur les épisodes de consommation excessive (Plus de 5 verres en une occasion*).

Pas d'association entre la consommation moyenne d'alcool et le développement neurologique de l'enfant : La moyenne d'âge de la grossesse était d'environ 31 ans, environ la moitié des mères l'étaient pour la première fois, 12% étaient célibataires et près d'un tiers ont déclaré avoir fumé pendant la grossesse. Globalement, les chercheurs n'ont pas trouvé d'association statistiquement significative entre la consommation moyenne d'alcool par semaine et le développement neurologique des enfants de 5 ans. Ni d'association entre consommation excessive* d'alcool et les scores de développement cognitif ?

Jusqu'à 9 verres par semaine ? Seule, l'une des analyses identifie une association significative entre la consommation maternelle de 9 verres ou plus par semaine et un risque accru de l'enfant d'obtenir un faible score d'attention générale (OR : 3,50 IC : 95% de 1,15 à 10,68), tandis qu'une autre étude identifie une association entre 9 verres ou plus par semaine et un risque accru de QI faible de l'enfant (OR : 4.6 IC : 95% de 1,2 à 18,2) et de QI verbal faible (OR : 5,9 IC : 95% de 1,4 à 24,9).

Les chercheurs confirment ne pas avoir trouvé d'association significative entre une consommation faible à modérée d'alcool et toute consommation excessive d'alcool (plus de 5 verres en une occasion), au début ou à mi-grossesse, et le développement neurologique des enfants de cinq ans. Il est à noter cependant, que les intervalles de confiance sont très larges et l'échantillon relativement réduit, ce qui signifie que l'étude n'était peut-être pas en mesure de détecter des effets subtils sur le développement neurologique de l'enfant. Des recherches complémentaires sont donc nécessaires pour confirmer ces résultats.

Source: BJOG June 20 2012 DOI: 10.1111/j.1471-0528.2012.03393.x The effect of different alcohol drinking patterns in early to mid pregnancy on the child's intelligence, attention, and executive function, Danish studies suggest low and moderate drinking in early pregnancy has no adverse effects on children aged five.

Lire aussi: SAF : 1 femme sur 4 consomme encore de l'alcool pendant sa grossesse

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Interstitiel Fiducial

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