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ALCOOL: Un dernier verre avant de se coucher? Insomnie garantie!

Actualité publiée il y a 8 années 2 mois 4 semaines
Alcoholism: Clinical and Experimental Research

L’alcool perturbe bien les effets réparateurs du sommeil. Une consommation excessive d’alcool réduit la quantité de sommeil paradoxal et abouti à une plus faible qualité du sommeil pendant la deuxième moitié de la nuit. Cette étude menée par des chercheurs japonais et publiée dans la revue Alcoholism: Clinical and Experimental Research décrit en effet les effets de l’alcool sur la partie du cerveau qui contrôle habituellement le corps pendant le sommeil.

Ces chercheurs de l'École de médecine de l'Université d'Akita et des hôpitaux Saiseikai Nagasaki et Kaiseikai Akita (Japon) ont évalué l'impact de la consommation d'alcool juste avant d'aller au lit, sur le rythme cardiaque (et sa variabilité) et sur le sommeil auprès de 10 étudiants universitaires, qui ont reçu de faibles niveaux, des quantités importantes ou pas du tout d'alcool avant le coucher.


Ils constatent une relation dose-dépendante, avec des effets négatifs significatifs au delà d'une dose élevée d'alcool. L'activité du système nerveux peut être difficile à mesurer directement, mais elle influence de nombreuses fonctions humaines, dont le rythme cardiaque (ou la respiration et la digestion). Les chercheurs ont donc identifié des changements observables dans le rythme cardiaque pour tirer des conclusions sur l'activité du système nerveux autonome. Les chercheurs se sont intéressés à la réponse du système nerveux sympathique, qui contrôle notre stress et du système nerveux parasympathique, qui contrôle le fonctionnement de notre corps au repos

et l'activité du système nerveux sympathique diminue. En mesurant la variabilité du rythme cardiaque (qui est contrôlé par le système nerveux autonome), les chercheurs peuvent mesurer l'activité relative de ces deux systèmes. Les chercheurs expliquent que l'alcool diminue l'activité parasympathique du système nerveux et augmente l'activité du système nerveux sympathique pendant que nous sommes éveillés. Leur recherche a examiné si cela était également vrai pendant le sommeil.

Pendant l'expérience, les chercheurs ont donné aux étudiants 3 doses différentes d'alcool: une dose de contrôle (0 grammes), une faible dose (0,5 gramme par kg de poids corporel) ou une dose élevée (1 gramme par kg de poids corporel). Chaque participant a répété l'expérience avec chacune des doses. Chaque participant a été équipé d'un électrocardiogramme (ECG) le jour de l'expérience, durant les 12 heures précédant sa consommation d'alcool puis pendantson sommeil. Les sujets ont invités à consommer de l'alcool 1H et 40 minutes avant d'aller se coucher. Les chercheurs ont prélevé des échantillons de sang 30 mn avant leur endormissement puis à nouveau 20 mn après leur réveil pour mesure de leur alcoolémie. La variabilité du rythme cardiaque a été utilisée comme une mesure de l'activité du système nerveux autonome alors que les individus étaient endormis. En plus de l'ECG, les mesures ont été prises pour l'activité musculaire, la respiration et le ronflement, pour déterminer la profondeur et la qualité du sommeil.

Les chercheurs constatent qu'une forte dose d'alcool augmente le délai nécessaire pour atteindre le stade du sommeil paradoxal. Le sommeil a tendance à être peu profond. Les habitudes de sommeil sont également modifiées pendant la première partie de la nuit. Enfin les participants ont une fréquence cardiaque significativement plus élevée, ils se réveillent plus souvent. L'activité des systèmes nerveux parasympathique et sympathique est modifiée par rapport à ceux qui ne boivent pas d'alcool. Les chercheurs concluent qu'une consommation d'alcool avant le coucher réduit l'activité du système nerveux parasympathique pendant le sommeil, permettant au système nerveux sympathique d'être dominant. L'alcool à forte dose augmente aussi le niveau d'éveil durant la seconde moitié de la nuit. Enfin, ils confirment que l'alcool perturbe les effets réparateurs du sommeil.

De nouvelles recherches impliquant un plus grand nombre de participants et précisant l'ampleur des effets de l'alcool sur le sommeil, et à quelle dose seraient bienvenues.