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BÉGAIEMENT: Retrouver une parole fluide, des protocoles existent

Actualité publiée il y a 4 années 8 mois 3 semaines
AJSLP et JSLHR

Ces 2 études de l’Université de Californie - Santa Barbara pourraient intéresser les plus de 70 millions de personnes touchées par le bégaiement. Ces conclusions, présentées dans l’American Journal of Speech-Language Pathology et dans le Journal of Speech, Language, and Hearing Research innovent sur le traitement possible du bégaiement et sur la compréhension neuro-anatomique du déficit neurologique lié à la maladie.

Plus prévalent qu'on ne peut l'imaginer, touchant ainsi environ 1% de la population mondiale, si le bégaiement n'est pas maladie mortelle, il peut être handicapant dans la communication sociale et la vie professionnelle, au point de porter gravement atteinte à l'estime de soi et d'entraîner stress et anxiété. Ces 2 nouvelles études apportent un espoir : En dépit de l'identification d'une anomalie neuroanatomique dans le cerveau des personnes qui bégaient, celles-ci peuvent parvenir à parler couramment et de manière fluide. Les Drs Janis et Roger Ingham, professeurs de sciences de la parole et de l'audition à l'UCSB et co-auteurs des 2 études ont en effet regardé comment il était possible d'améliorer le traitement du bégaiement en ayant une meilleure connaissance des systèmes neuronaux qui sont fonctionnellement liés à la maladie.


Un protocole efficace : La première étude compare un nouveau traitement développé à l'UCSB au protocole standard de prise en charge du bégaiement. Il s'agit du programme Modifying Phonation Intervals (MPI) qui enseigne aux personnes bègues à prolonger leurs syllabes. Les patients sont invités et entraînés à parler en réduisant la fréquence à laquelle ils hachent leurs vocalisations afin d'améliorer la fluidité de la parole.

De précédents essais ont montré que la réduction de la fréquence de ces courts intervalles permet en fin de compte, d'aboutir à un discours fluide pour la majorité des participants. C'est un protocole lourd et de long terme qui nécessite 2 à 3 heures d'exercices par jour à raison de 6 jours sur 7 et sur une première phase de 3 semaines. Cette première phase est suivie par 3 autres, comportant des tâches d'expression orale de plus en plus complexes guidées sur Ipad. Le succès est au bout du protocole puisqu'environ 2 fois plus de patients achevant le programme parviennent à une fluidité durable jusqu'à 12 mois vs des patients suivant un programme standard. La conclusion est qu'avec de la volonté, du temps et les exercices appropriés, le bégaiement n'est pas une fatalité.

Une neuro-anatomie et une physiologie spécifiques du cerveau : La deuxième étude a utilisé l'imagerie pour identifier les zones anormales de substance blanche dans le cerveau des personnes bègues et apporte une meilleure compréhension de la base physiologique de ce trouble de la parole. Car l'explication de ce trouble de la parole semble se cacher dans la substance blanche du cerveau. Pa IRM du cerveau de 8 participants bègues adultes, les chercheurs ont pu reconstituer, en 3D, les connexions reliant les différentes zones linguistiques du cerveau et, identifient chez ces participants bègues, une partie de la connexion en saillie dans le cortex temporal.

Cette voie arquée apparaît ainsi comme une cible possible de traitement et le bégaiement peut être attribué à une neuro-anatomie et une physiologie spécifiques du cerveau, écrivent les chercheurs.

Des conclusions –et des avancées techniques dans l'analyse et la modélisation- qui ouvrent de

Nombreuses possibilités, non seulement pour les personnes bègues, mais pour tous ceux qui souffrent de troubles liés à la parole.

Sources:

American Journal of Speech-Language Pathology Feb 2015 (In Press)

Journal of Speech, Language, and Hearing Research Feb 2015 (In Press)

Via UCSB Speaking Freely (Visuel@UCSB)

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