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ÉDULCORANTS: Sans bénéfices probants!

Actualité publiée il y a 4 années 9 mois 1 semaine
Anses

Aspartame, extraits de stévia, leur pouvoir sucrant très élevé avec un apport en calories faible voire nul ont fait, à force d’allégations, de ces « édulcorants intenses » des additifs incontournables dans notre alimentation, même en l’absence de problème de poids ou de trouble métabolique. Alors que de récentes études ont déjà suggéré un effet métabolique délétère, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES) tranche en confirmant l’absence de bénéfice probant sur le contrôle du poids, la glycémie chez les sujets diabétiques ou l’incidence du diabète de type 2.

La sécurité des édulcorants a fait l'objet de nombreuses études. L'Aspartam en particulier, un édulcorant dont les effets indésirables évoqués (sclérose en plaques, lupus érythémateux, tumeurs du cerveau et augmentation du risque d'accouchement prématuré) ont donné lieu à évaluation de l'Anses et de son homologue européen, l'EFSA, qui, finalement a considéré que la dose journalière acceptable (DJA) restait sans danger.


En France, les édulcorants les plus utilisés sont l'aspartame, l'acésulfame K et le sucralose. Leur consommation a connu une forte augmentation au cours des vingt dernières années, probablement en lien avec les préoccupations liées au doublement de la prévalence du surpoids et de l'obésité. Si leur apport énergétique à court terme est moindre que l'équivalent sucre de table ou saccharose, l'Anses précise que les durées d'études sont jusque-là insuffisantes pour vérifier ce point sur le long terme. Certaines études d'observation rapportent également que l'utilisation d'édulcorants intenses est paradoxalement associée à un gain de poids…

Quel intérêt nutritionnel pour la santé ? C'est ce que l'Anses a souhaité expertiser. Il ressort de son analyse des dernières données, une absence de bénéfice probant de la consommation d'édulcorants intenses sur le contrôle du poids, la glycémie chez les sujets diabétiques ou sur l'incidence du diabète de type 2. D'un autre côté, et en contradiction avec l'étude récente de l'Institut Weizmann publiée dans la revue Nature, l'évaluation ne met pas en évidence de lien entre la consommation d'édulcorants et un risque accru de diabète ou de cancers.

En conclusion, l'Anses estime qu'il n'existe pas d'élément probant permettant d'encourager la substitution du sucre par des édulcorants intenses dans le cadre d'une politique de santé publique. Enfin, l'Anses met en évidence le déficit de données pertinentes sur les bénéfices et les risques potentiels à long terme de la consommation d'édulcorants et appelle donc à mener d'autres recherches, en particulier :

- chez l'enfant, sur leur impact sur le développement du goût, des préférences alimentaires et sur le contrôle de la prise alimentaire ;

- chez des groupes de population plus sensibles, comme les femmes enceintes ou les patients diabétiques, sur les risques associés,

- enfin en population générale, sur l'impact sur le contrôle du poids.

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