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MAMMOGRAPHIE: Les femmes mieux informées se font moins dépister

Actualité publiée il y a 4 années 8 mois 21 heures
The Lancet

Les femmes qui sont bien informées sur le cancer du sein et son dépistage et qui ont bien compris le risque de sur-diagnostic (et de sur-traitement) associé à la mammographie ont des intentions de participation revues à la baisse, par rapport à des femmes mal informées. Cette étude qui a pesé l’influence d’une décision éclairée sur la participation, appelle –malgré la baisse d’intention- à la nécessité éthique de développer de tels outils d’information. Conclusions dans le Lancet.

Le débat sur la mammographie, presque aussi récent que celui, jadis, sur le test PSA, revient régulièrement, toujours en raison du risque, important, de diagnostics erronés et de traitements inutiles comme des interventions chirurgicales pour des tumeurs inoffensives. De tels diagnostics, avec les traitements excessifs résultants, peuvent en effet être très néfastes physiquement et émotionnellement pour les patientes. Rappelons qu'en Europe, le consensus général est de proposer le dépistage systématique tous les deux ans aux femmes de 50 à 74 ans. 3 étudesconsidérées comme de plus haute tenue, montrent que le dépistage n'a pas réduit significativement le taux de décès du cancer du sein après un suivi de 13 ans en comparaison du taux observé chez des femmes qui n'ont pas été dépistées. En conclusion, pour la majorité des experts, a minima, le dépistage systématique par mammographie doit être réévalué.


Ici, l'auteur principal, le Pr McCaffery souligne l'impératif éthique pour les femmes, de disposer d'informations fiables leur permettant de prendre des décisions éclairées quant au choix ou non d'un dépistage régulier par mammographie. Son étude est la première à peser l'impact d'une information permettant cette décision éclairée, chez 879 femmes âgées de 48 à 50 ans, qui n'avaient pas subi une mammographie au cours des 2 dernières années et n'avaient pas d'antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein.

L'analyse révèle que les femmes bénéficiant de cet appui informatif et décisionnel,

· sont plus nombreuses à avoir des connaissances suffisantes sur le dépistage du cancer du sein et à faire un choix éclairé;

· ont une attitude plutôt globalement positive vis-à-vis du dépistage, tout en étant sensiblement moins favorables vs témoins,

· dans la réalité vont accéder moins nombreuses à ce dépistage.

Les conclusions de l'étude confirment que des patientes éclairées sont moins nombreuses à se faire dépister. Des données comparables à celles d'une précédente étude qui concluait que les femmes bien informées sur le diagnostic anténatal avaient également moins tendance à y recourir.

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