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MÉMOIRE : Une enzyme capable de rafraîchir nos souvenirs ?

Actualité publiée il y a 11 années 3 mois 2 semaines
Science News- Nature.com

Stimuler une enzyme du cerveau, la PKM-zeta, pourrait nous aider à faire ressurgir de vieux souvenirs. En tous cas, ces neuroscientifiques ont réussi à réveiller de « vieux » souvenirs chez les rats, selon cette étude publiée dans la revue Science News et commentée sur Nature.com. A contrario, bloquer cette enzyme, pourrait contribuer à prendre en charge les troubles liés au stress postraumatique... Si cette recherche permet aux scientifiques de mieux comprendre pourquoi nos souvenirs disparaissent avec la démence ou l'amnésie, elle confirme aussi le rôle de cette enzyme, qui contribue au stockage de la mémoire à long terme, dans le cerveau, en augmentant la sensibilité des synapses aux neurotransmetteurs.

«Trouver ce qui perpétue la mémoire à long terme est un véritable défi», explique Todd Sacktor, l'un auteur de l'article et neuroscientifiqueau SUNY Downstate Medical Center de New York, "Ce qui est original dans cette recherche c'est d'être parvenus à faire remonter de vieux souvenirs, sans interférer avec eux." Quandon « se fabrique un souvenir », de nouvelles connexions, ou synapses, se forment entre les cellules du cerveau. Pour conserver ces souvenirs, les synapses doivent « tenir le coup ».


Les scientifiques ne savent pas encore exactement ce qui renforce ces synapses pour garder des souvenirs pérennes, mais il y a quelques indices. En 2007, Sacktor et coll. avaient effacé la mémoire de rats en utilisant un médicament qui inhibe l'enzyme protéine kinase Mζ (PKMζ), cette enzyme déjà connue pour contribuer au stockage de la mémoire à long terme dans le cerveau.

Dans cette étude, les chercheurs ont bloqué chez le rat, l'enzyme PKMζ à l'aide de manipulations génétiques. Une semaine après les rats ont été rendus malades par absorption d'eau est tombé malade après avoir bu de l'eau avec du lithium. Les rats avec des niveaux élevés d'enzyme PKMζ dans leur néocortex semblaient se rappeler que l'eau avait causé la maladie. Ils ne touchaient à peine l'eau reproposée, une semaine après l'injection. Alors que les rats ayant un niveau réduit de PKMζ en reprenaient avidement. Cette étude est impressionnante parce qu'en modifiant les niveaux de kinase, elle modifie la mémoire de l'animal. Son principal Yadin Dudai, un neuroscientifique de l'Institut des sciences Weizmann (Israël) explique que PKMζ est constamment active, durant des mois, après la formation du souvenir. Sans cette enzyme, le souvenir des leçons n'existerait pas. L'enzyme semble modifier les protéines au niveau des synapses qui reçoivent des informations de messagers chimiques appelés neurotransmetteurs. PKMζ semble également augmenter la sensibilité de la synapse aux neurotransmetteurs et facilite le rappel de mémoire.

Les conséquences de cette découverte pourraient permettre de traiter « dans les deux sens » : En ciblant l'enzyme, vers le traitement de la perte de mémoire, et en bloquant l'enzyme pour traiter les personnes atteintes de troubles de stress post-traumatique.

Mais " le cerveau a ses raisons pour conserver la mémoire avec ses règles strictes", concluent les chercheurs.