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MERCURE: Manger du poisson, une source de risque cardiovasculaire ?

Actualité publiée il y a 11 années 3 mois 1 semaine
New England Journal of Medicine

L'exposition au méthylmercure par la consommation de poisson a déjà été associée à un risque potentiellement accru de maladie cardiovasculaire, un risque à mettre en regard des bénéfices de la consommation de poissons, tels que les Omega-3, par exemple. Alors qu’en est-il ? Cette étude menée par une équipe de la Harvard School of Public Health de Boston, financée par les US National Institutes of Health et publiée dans l’édition du 24 mars du New England Journal of Medicine, rassurera les adeptes de produits de la mer.

Le poisson a prouvé ses bénéfices pour la santé cardiaque en raison de ses niveaux élevés d'acides gras oméga-3 mais, en tant que principale source d'exposition au méthylmercure par l'alimentation, ses effets, en particulier déjà documentés sur le retard du développement neurologique chez les nourrissons ou en termes de maladies cardiovasculaires chez l'adulte, peuvent être préoccupants.


C'est sur des coupures d'ongles d'orteils - qui s'avèrent être un matériau d'analyse prometteur- que cette étude menée par le Pr. Mozaffarian de la Harvard School of Public Health de Boston a analysé l'association entre les événements cardiovasculaires (maladie coronarienne et AVC) et concentrations en mercure et en sélénium par activation neutronique. Cette analyse a été menée sur la base des données de 2 études cohortes américaines, portant sur 51.529 hommes et 121.700 femmes. Les caractéristiques démographiques, les facteurs de risque cardiovasculaire, la consommation de poisson, et les habitudes de vie ont été évalués au moyen de questionnaires validés. 3.427 participants ont subi des événements cardio-vasculaires, dont 1.532 des infarctus, 831 des maladies coronariennes mortelles, et 1064 des infarctus.

Pas d'effets indésirables sur le risque de maladie cardiaque : La moyenne des concentrations en mercure s'élève à 0,23 mg par gramme d'ongle chez les participants “à incident cardiaque” (IC: 0,06 à 0,94) vs 0,25 mg par gramme d'ongle chez les témoins (IC: 0,07 à 0,97) chez les témoins. Dans les analyses multivariées, les participants soumis à une exposition au mercure plus élevée ne présentent pas un risque plus élevé de maladie cardiovasculaire. Les comparaisons entre une exposition très élevée (5è quintile) au mercure et une exposition très faible (1er quintile), sonne les risques relatifs suivants:

· Maladies coronariennes, OR : 0,85 (IC: 95% de 0,69 à 1,04);

· Accident vasculaire cérébral, OR : 0,84 ( IC : 95% de 0,62 à 1,14),

· L'ensemble des troubles cardiovasculaires, OR : 0,85 (IC : 95% de 0,72 à 1,01).

· Les résultats sont identiques quelles que soient les concentrations de sélénium.

Sur cette cohorte très importante, les chercheurs n'ont trouvé aucune preuve d'effets indésirables d'importance clinique de l'exposition au mercure sur la maladie coronarienne, l'AVC ou d'autres maladies cardiovasculaires chez l'adulte.