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MERS-CoV: Le dromadaire, dernier hôte intermédiaire avant l'Homme?

Actualité publiée il y a 5 années 4 mois 4 jours
The Lancet Infectious Diseases

De précédentes études montraient que le nouveau coronavirus Mers-CoV, identifié en septembre 2012, possède une étroite proximité avec des virus isolés chez les chauves-souris, mais les hôtes intermédiaires possibles du virus restaient encore inconnus. Si la transmissibilité interhumaine du virus semble être faible à ce stade, avec un taux de « reproduction » inférieur à 1 -donc trop faible pour déclencher une pandémie-, il reste essentiel d’identifier les réservoirs du virus, en particulier ceux les plus susceptibles de transmettre le virus à l’Homme. Cette étude, publiée dans le Lancet Infectious Diseases ouvre une piste possible, le dromadaire. Ce n'est pas une piste anodine, alors qu'il y a près de 20 millions de dromadaires et animaux apparentés dans le monde.


Au dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), du 29 juillet, 91 cas ont été confirmés dont 46 décès, confirmant un taux de létalité situé autour de 50%.

Un virus déjà apparenté : En novembre 2012, le chercheur Ron Fouchier de l'Erasmus Medical Center (Pays-Bas), à l'origine du développement d'un au virus SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère). Sa recherche, publiée alors dans de Mbio ®, qui décryptait le génome du virus, l'avait apparenté aux virus trouvés dans les chauves-souris d'Asie. Puis c'était au tour de scientifiques de l'Université de Bonn, en Allemagne et en Afrique du Sud, de montrer, par analyse génomique, la très étroite proximité du virus avec un proche parent isolé chez des chauves-souris d'Afrique du Sud.

Cette équipe internationale de chercheurs dirigée par le Dr Chantal Reusken, de l'Institut national de la santé publique et l'environnement à Bilthoven (Pays-Bas), a analysé 349 échantillons de sérum sanguin provenant de toute une série d'animaux d'élevage, y compris de dromadaires, vaches, moutons et chèvres, et certains animaux étroitement liés aux dromadaires (chameau de Bactriane, alpaga, lama). Les animaux provenaient de différents pays, dont le Sultanat d'Oman, les Pays-Bas, l'Espagne et le Chili. Les chercheurs ont recherché la présence d'anticorps spécifiques à Mers-CoV, au SRAS, et à une autre souche de coronavirus HCoV-OC43, qui peut également infecter les humains.

· Les chercheurs n'ont identifié aucune réactivité croisée entre les anticorps de Mers-CoV et des autres virus, ce qui suggère que la présence d'anticorps spécifiques MERS-CoV indique une infection antérieure avec MERS-CoV.

· Aucun anticorps à MERS-CoV n'a été retrouvé sur 160 bovins, moutons et chèvres des Pays-Bas et d'Espagne,

· des anticorps spécifiques à Mers-CoV ont été identifiés dans tous les échantillons de sérum prélevés sur une cinquantaine de dromadaires venant de différents endroits d'Oman, ce qui indique que Mers-CoV, ou un virus extrêmement proche circule largement, au moins chez les dromadaires de la région.

· Des niveaux inférieurs d'anticorps spécifiques à MERS-CoV ont également été identifiés chez 14% (15 sur 105) dromadaires venant des îles Canaries où la circulation du virus n'a pas été identifiée.

· Aucun anticorps spécifique au virus n'a été détecté chez les animaux étroitement liés au dromadaire.

Les dromadaires venant du Moyen-Orient (Oman), utilisés pour la course, la viande et le lait et donc présentant plusieurs types de contact étroits avec l'Homme, sont donc un réservoir possible du virus. Vu d'Europe cela peut sembler anecdotique. Cependant, il y a près de 20 millions de dromadaires (et apparentés) à travers le monde qui restent des contributeurs essentiels au transport et à la production laitière dans les régions arides. Des études virologiques animales vont donc être entreprises afin de comparer le virus qui déclenche ces anticorps chez les dromadaires au virus responsable de cas humains.

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