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OBÉSITÉ: Le problème n'est pas seulement la graisse, c'est son emplacement

Actualité publiée il y a 5 années 11 mois 1 semaine
Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism

Ces chercheurs du Sanford Bunham Institute (Floride) ont découvert que les gènes actifs dans la graisse du ventre sont bien différents des gènes de la graisse située sur les cuisses. Cette découverte expliquée dans l’édition de janvier du Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, qui peut paraître anecdotique, pourrait ou devrait modifier la façon dont on doit aborder les problèmes et la perte de poids. En effet, alors que la destination de nos cellules adipeuses semble préprogrammée, comment éviter qu’elles atteignent les régions qui favorisent le risque de maladies cardiaques et de diabète ?

Les hommes ont tendance à stocker la graisse dans la région abdominale, mais n'ont généralement pas beaucoup d'excès de graisse sur les hanches ou les cuisses. Les femmes, en revanche, sont plus souvent « en forme de poire » avec un stockage de la masse graisseuse sur les hanches et les cuisses que sur le ventre. Le Dr Steven Smith, directeur du Sanford-Burnham Translational Research Institute for Metabolism and Diabetes rappelle que la graisse « centrale » (du ventre) est associée à un risque plus élevé de maladies cardiaques et le diabète alors que la graisse des hanches et des cuisses ne semblent pas jouer un rôle particulier dans ces conditions.


Les chercheurs expliquent cette spécificité hommes/femmes par des différences génétiques, à partir d'échantillons de graisse prélevés chez des hommes et des femmes. Les chercheurs ont comparé les gènes les plus actifs dans la graisse du ventre et dans la graisse des cuisses. Ils constatent que ces gènes sont très différents : Chez l'homme, 125 gènes sont exprimés différemment dans le ventre et les cuisses. Chez la femme, 218 gènes dont la plupart sont uniques aux femmes s'expriment également différemment. Les gènes qui différent le plus sont connus comme des gènes homéotiques qui déterminent durant le développement embryonnaire l'emplacement ou la destination des cellules et des organes. De nombreux gènes homéotiques sont influencés par les hormones telles que l'œstrogène. Ces gènes pourraient ainsi programmer ces cellules graisseuses à répondre différemment à différentes hormones et signaux.

Des cellules souches de la graisse du ventre et des cuisses ont ensuite été isolées par les chercheurs qui les ont cultivées en laboratoire. Sur ces cellules souches, les chercheurs constatent ces mêmes différences, suggérant que ces cellules sont préprogrammées. En d'autres termes, la graisse du ventre et des cuisses est génétiquement destinée, au cours du développement, à son emplacement définitif. Ce n'est donc pas une différence qui s'acquiert au fil du temps, en raison de l'alimentation ou de facteurs environnementaux.

Cibler des régions spécifiques : Ces résultats sont donc une première étape vers des traitements visant des régions spécifiques du corps, en particulier celles qui vont être le plus liées aux complications de l'obésité. «Même si les femmes détestent les hanches et les cuisses fortes et une silhouette dite «en forme de poire », cette situation n'est pas associée à un risque accru de maladies cardiaques et de diabète. En fait, c'est la graisse du ventre qui est la plus dangereuse pour la santé », explique l'auteur. Le problème n'est pas seulement la graisse, c'est l'emplacement. La graisse du ventre est un marqueur du problème et la vraie question résiderait dans l'incapacité de stocker cette graisse sur les hanches et les cuisses. Il s'agit donc pour les auteurs, de travailler sur des traitements spécifiques ciblant les régions qui contribuent le plus aux complications de l'obésité.

Source: The Journal of clinical endocrinology and metabolism January 1, 2013 doi: 10.1210/jc.2012-2953 Distinct developmental signatures of human abdominal and gluteal subcutaneous adipose tissue depots

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