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ALIMENTATION: Comment les bonnes odeurs nous mettent l'eau à la bouche

Actualité publiée il y a 4 années 10 mois 1 semaine
Nature Neuroscience

Comment l'odeur d’un aliment influence la prise alimentaire, c’est le processus décrypté par cette équipe de l’Inserm qui montre, avec ces travaux présentés dans Nature Neuroscience comment le système endocannabinoïde contrôle la prise alimentaire à partir de la perception des odeurs.

Les perceptions sensorielles telles que le sens de l'odorat font partie des facteurs qui encouragent la prise alimentaire. Mais quel est le processus qui relie la perception de l'odeur dans le cerveau à l'envie de manger, c'est le circuit mis à jour, chez la souris, par ces chercheurs du NeuroCentre Magendie, à Bordeaux.


Par manipulations génétiques et pharmacologiques, les chercheurs découvrent que les récepteurs cannabinoïdes CB1 contrôlent un circuit qui relie le bulbe olfactif, la zone du système nerveux, située au-dessus du nez qui gère les données olfactives, au cortex olfactif, la zone du cerveau qui gère également ces données. La sensation de faim déclenche l'activité des récepteurs des cannabinoïdes, qui activent le circuit olfactif, qui devient alors plus sensible.

Le système des endocannabinoïdes (sensible aux cannabinoïdes) impliqué dans d'autres sensations comme l'euphorie, l'anxiété ou la douleur est donc à l'origine du processus : Il déclenche l'augmentation de la sensibilité aux odeurs pendant la faim, expliquant ainsi l'influence de l'odorat dans la prise alimentaire.

Car si ces travaux expliquent le processus faim-sensibilité olfactive, ils n'expliquent pas pourquoi les perceptions olfactives peuvent seules « donner faim ». Les auteurs suggèrent néanmoins qu'une hypersensibilité olfactive liée à un dysfonctionnement dans ce circuit bulbe-cortex olfactif pourrait expliquer certains troubles du comportement alimentaire comme l'hyperphagie boulimique par exemple ou, dans le cas inverse comme l'anorexie. La compréhension de ce mécanisme biologique ouvre donc une nouvelle voie de diagnostic pour ce type de pathologies.

Source: Nature Neuroscience 2014 Jan 13;263C:46-53. doi: 10.1016/j.neuroscience.2014.01.005 Cannabinoid type-1 receptors in the paraventricular nucleus of the hypothalamus inhibit stimulated food intake (Visuel © rie_lalala - Fotolia.com)

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