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ALZHEIMER : Détecter des années avant, grâce à l'imagerie

Actualité publiée il y a 10 années 10 mois 2 semaines
JAMA

Un procédé d’imagerie, la tomographie par émission de positons (PET) associée à l'identification de biomarqueurs, pourrait augmenter la précision du diagnostic clinique de la maladie d'Alzheimer voire détecter la maladie plusieurs années avant les premiers symptômes, selon ces deux nouvelles études publiées dans l’édition du JAMA du 19 janvier. En réussissant à détecter in vivo des biomarqueurs associés et spécifiques de la maladie d'Alzheimer, ces chercheurs américains viennent de permettre une avancée essentielle dans le diagnostic de la maladie.

Cette dernière décennie a vu une forte progression de recherche sur les biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer (MA) et les autres troubles de la démence. On estime qu'une personne sur 4 développera la maladie et la MA est devenue l'une des principales préoccupations de santé dans les sociétés vieillissantes. Le fardeau de la maladie, pour la société et les individus, ainsi que l'énorme marché qu'elle représente pour l'industrie, en font un domaine de recherche extrêmement important avec des enjeux, une pression et des attentes élevées, en particulier pour développer les meilleurs procédés pour détecter la maladie, surveiller sa progression, et établir son diagnostic. L'éditorialiste du Jama, Pr. de l'Université de Rotterdam, rappelle dans ce contexte, l'importance de l'identification et de l'évaluation de biomarqueurs de la maladie.


2 nouvelles études sur les biomarqueurs possibles de la MA et le déclin cognitif suggèrent la perspective prometteuse que des biomarqueurs peuvent aujourd'hui être développés pour permettre un diagnostic plus précis et plus précoce des maladies neurodégénératives.

La première étude montre que par tomographie par émission de positrons (PET), la β-amyloïdes peuvent être détectées in vivo dans le cerveau. Cette découverte présente un intérêt majeur pour le diagnostic de la MA et son suivi car un diagnostic précis de la MA exige la confirmation histopathologique de dépôts de β-amyloïdes. Ceci est aujourd'hui possible, in vivo, grâce au développement de nouveaux composés d'imagerie à base de fluor. Dans cette étude, les chercheurs ont invité les personnes qui étaient susceptibles de mourir dans les 6 mois pour participer à leur étude afin de pouvoir rapprocher évaluation in vivo et évaluation post-mortem qui ont confirmé les signaux relatifs aux dépôts de β-amyloïdes. La spécificité du procédé d'imagerie (florbetapir-PET) et de ces résultats à la maladie d'Alzheimer, a été également contrôlée dans un échantillon supplémentaire.

La seconde étude qui porte sur les marqueurs de déclin cognitif rapporte qu'un faible ratio β-amyloïde 42/40 dans le plasma était associé à un déclin cognitif plus important chez les participants de l'étude (Health ABC study) sur une durée de suivi de 9 ans. Le grand intérêt de cette étude est que les différences identifiées dans les protéines et les peptides peuvent être détectées des années avant l'apparition des premiers symptômes de la maladie.

Pour un biomarqueur prédictif, la question n'est pas seulement de savoir si ce facteur est spécifique de la maladie, mais s'il permet de prévoir qui va développer la maladie et quand, commentent les chercheurs. Mais c'est aujourd'hui une avancée majeure que la possibilité de visualiser les dépôts amyloïdes par imagerie, dans le cerveau de personnes vivantes.