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ARYTHMIE: Le cœur suit le rythme circadien, les arythmies aussi

Actualité publiée il y a 7 années 9 mois 4 jours
Nature

La mort cardiaque subite est plus susceptible de survenir peu après le réveil le matin, ou tard dans la nuit. Cette étude, publiée dans l’édition du 22 février de la revue Nature et issue du travail d’un consortium international de chercheurs, nous explique le lien moléculaire entre l'horloge circadienne et les rythmes cardiaques mortels qui mènent à la mort subite. Le dérèglement d’une protéine, calée sur l’horloge biologique, serait cause d'augmentation du risque d'arythmie. Les chercheurs de la Case Western Reserve University School of Medicine (Cleveland) et du Baylor College of Medicine se sont concentrés sur un gène contrôleur de l'horloge circadienne, le « Kruppel-like factor 15 (KLF15) ». KLF15 contrôle le niveau d'une protéine (KChIP2), qui affecte la façon dont le potassium sort des myocytes cardiaques, les cellules musculaires du cœur. Or le niveau de cette protéine KChIP2 varie durant la journée, en fonction du cycle circadien, pouvant ainsi modifier le niveau de potassium dans les myocytes cardiaques. Les modifications de KChIP2 ou KLF15 peuvent raccourcir ou allonger le temps de contraction du muscle cardiaque et entraîner des arythmies. Ces modifications sont plus importantes peu après le réveil le matin ou tard dans la nuit.

Trop de KLF15 ou pas de KLF15, risque d'arythmies: Sur des souris génétiquement modifiées, sans KLF15 ou avec une mutation génétique qui les amène à produire plus de KLF15, les chercheurs constatent une augmentation du risque d'arythmies mortelles. C'est un premier exemple de mécanisme moléculaire calé sur le rythme circadien lié au risque d'arythmies cardiaques. Parce que KLF15 est réglementée par l'horloge circadienne, la vitesse d'écoulement à travers le canal potassique monte et descend et, en cas de perturbation, peut conduire à une modification qui entraîne l'un des deux problèmes cardiaques connus liés à la mort subite, le syndrome du QT long ou court. Une étude espagnole publiée en mai 2011 dans la revue Heart montrait déjà que les crises cardiaques sont beaucoup plus dangereuses le matin qu'à tout autre moment de la journée, car, en moyenne, elles entraînent des dommages dont le niveau de gravité sur le muscle cardiaque est de 20% plus élevé par rapport aux événements cardiaques qui se produisent plus tard dans la journée.

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