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AUTISME: La prédisposition du poisson exposé aux antidépresseurs

Actualité publiée il y a 7 années 5 mois 4 semaines
PLoS ONE

C’est l’histoire racontée par ces chercheurs de l'Idaho State University qui « se sont amusés » à plonger des poissons dans de l’eau riche en antidépresseurs. Dans un objectif tout à fait recommandable, vérifier l’effet épigénétique de l’exposition environnementale à différentes substances psychoactives sur le risque d’autisme et mesurer comment de tels facteurs environnementaux peuvent interagir avec une prédisposition génétique. Résultat, présenté dans l’édition du 6 juin de la revue PLoS ONE, le schéma d’expression des gènes des poissons devient bien comparable à celui identifié chez des patients génétiquement prédisposés aux troubles du spectre autistique (TSA).

Un tel effet des antidépresseurs sur le risque d'autisme chez l'Homme a déjà été documenté, en particulier chez les femmes enceintes. D'autres facteurs de risque liés à la santé de la mère ou à son mode de vie (obésité et diabète ou encore tabagisme) ont également été suggérés. Ici, les chercheurs ont regardé l'effet de l'exposition à 3 substances pharmaceutiques psychoactives, la fluoxétine, un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS), la venlafaxine, un inhibiteur de la recapture de la sérotonine-noradrénaline (IRSNa) et la carbamazépine, utilisée dans le traitement de l'épilepsie et la régulation des troubles de l'humeur. Des substances retrouvées, comme d'autres, dans l'eau potable, une voie d'exposition possible pour l'Homme avec ses conséquences sanitaires possibles. Les chercheurs rappellent aussi que l'autisme est causé par un mélange complexe de facteurs génétiques et environnementaux et que son incidence a augmenté de façon spectaculaire au cours de ces 25 dernières années.


Les chercheurs ont examiné les profils d'expression génique de vairons, une espèce de poissons, exposés à chaque substance et à un mélange de ces 3 substances psychoactives à des doses équivalentes à l'exposition environnementale pour l'Homme. L'examen des tissus du cerveau des poissons exposés montre un profil d'expression génétique comparable à celui associé à l'autisme idiopathique chez l'homme.

Les chercheurs concluent que des substances liées à la pollution peuvent donc être des déclencheurs de l'autisme idiopathique chez des sujets génétiquement sensibles. L'auteur principal, le Dr Michael A. Thomas précise : «Alors que les médicaments psychotropes ont déjà été évoqués comme causes possibles dans l'autisme idiopathique, nous avons été étonnés de découvrir que cet effet pouvait se produire à des doses très faibles, telles que celles présentes en milieux aquatiques ».

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