Vous recherchez une actualité
Actualités

CANCER du SEIN: Une forte prédisposition génétique justifie-t-elle une mastectomie?

Actualité publiée il y a 5 années 6 mois 4 semaines
New York Times

Dans son interview au New York Times, « My Medical Choice », l’actrice Angelina Jolie déclare un risque de 87% de développer un cancer du sein et de 50% un cancer de l’ovaire en raison d’une prédisposition génétique bien connue, ici sur le gène BRCA1. Quelles alternatives s’offrent aux femmes présentant de telles prédispositions génétiques ?


Quelles mutations, quels risques ? Les femmes qui ont hérité de mutations sur les gènes BRCA1 ou BRCA2 gènes ont en effet des risques élevés de cancer du sein et cancer de l'ovaire, avec un risque de cancer du sein de 56% à 84% et de cancer de l'ovaire de 36% à 63%. Cela concerne environ 1 femme sur 500. Et plusieurs gènes, dont BRCA1, BRCA2, TP53 ou PTEN ont été identifiés comme facteurs de risque accrus de cancer du sein. En pratique, cela signifie que sur 100 femmes porteuses de ces mutations, entre 40 et 85% d'entre elles vont développer un cancer du sein ou de l'ovaire dans leur vie.

Quelles alternatives ? Les femmes qui sont porteuses de ces mutations ont donc trois alternatives, avoir recours à la mastectomie ou à une surveillance rapprochée incluant un dépistage par mammographie et/ou IRM au minimum annuel ou, encore, mais plus rarement, à la chimioprévention. Enfin, la patiente a tout simplement aussi la possibilité d'attendre de voir si le cancer se développe et être traitée par les méthodes conventionnelles applicables aux autres cancers du sein. Cette alternative n'est pas à écarter, alors que les taux de guérison du cancer du sein sont bons et continuent de s'améliorer. L'adoption d'un mode de vie sain comportant une alimentation saine et une pratique régulière de l'exercice physique contribue aussi à réduire le risque.

Le choix d'une chirurgie préventive est, selon la récente étude publiée dans le Journal of American Medical Association (JAMA-2010), la méthode qui permet de minimiser au maximum le risque de cancer. Ainsi, dans cette étude, les chercheurs de montraient que sur un suivi de 3 ans, la mastectomie est bien associée à une diminution maximum du risque de cancer du sein porteur de la mutation BRCA1 /2. Aucune manifestation de cancer du sein n'était observée chez les femmes ayant subi une mastectomie alors que 7% des femmes présentant cette prédisposition et n'ayant pas eu recours à la mastectomie avaient été diagnostiquées avec un cancer du sein. Mais la mastectomie préventive reste une intervention « lourde » : Une grande quantité de tissu mammaire est enlevée sous anesthésie générale, c'est donc une intervention épuisante physiquement et émotionnellement. Tout comme peut l'être ensuite la reconstruction soit immédiate, soit quelques semaines plus tard.

Il n'y a donc pas de bon ou de mauvais choix, face à la présence de ces prédispositions génétiques, et la décision appartient à la patiente, en lien avec l'équipe pluridisciplinaire qui va l'accompagner.

Autres actualités sur le même thème

Pages