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CRISE CARDIAQUE: L'effet déclencheur d'une baisse des températures

Actualité publiée il y a 6 années 1 mois 1 semaine
ESC (Société européenne de cardiologie)

Alors que les déclencheurs environnementaux comme la pollution ou le froid ont été fréquemment rapportés pour l’infarctus aigu du myocarde ou crise cardiaque, ces 2 études, présentées au Congrès de European Society of Cardiology montrent qu’une baisse de 10° des températures, quelle que soit la saison, est associée à une augmentation de 7% du risque, un risque qui reste néanmoins plus élevé l’hiver. De nouvelles données permettant d’optimiser la prévention cardiaque, en particulier chez les plus fragiles.


La première étude a évalué l'ensemble des facteurs environnementaux indépendants de crise cardiaque à partir des données de 15.964 cas ayant donné lieu à intervention coronarienne dans 32 centres spécialisés belges, des données météorologiques hebdomadaires moyennes obtenues à partir de mesures quotidiennes dans 73 sites météorologiques belges, dont la pollution de l'air avec la concentration de particules fines (PM10 et PM2.5) et de fumée, les mesures de température et d'humidité. Les victimes de crise cardiaque étaient âgées en moyenne de 63 ans, étaient à 75% des hommes.

L'analyse révèle une corrélation positive significative entre la pollution de l'air et la crise cardiaque, une corrélation inverse entre la température et la crise cardiaque. Plus précisément, seule la température s'avère indépendamment corrélée avec une augmentation de 7% du risque de crise cardiaque pour chaque diminution de 10 ° C. L'analyse n'identifie en effet aucune association indépendante entre les niveaux de pollution atmosphérique (OR = 1,01) et le risque cardiaque.

Température ou diminution des températures ? En fait, l'effet déclencheur « température » est constaté également en dehors de la période hivernale, suggérant que ce n'est pas le niveau mais la différence de niveau qui peut déclencher la crise. Ce résultat est vérifié également pour une différence de intérieur/extérieur. Enfin, en dessous de 10°, toute baisse de température n'a plus d'effet cardiaque. C'est l'augmentation de l'agrégation plaquettaire et de la viscosité du sang lors de l'exposition au froid qui favorise la thrombose et la formation de caillots, expliquent les auteurs.

En conclusion, la baisse de température est de loin le déclencheur le plus important, l'effet de la pollution atmosphérique aurait un effet négligeable. Les populations fragiles devraient réduire leur risque en évitant de grandes variations de température, en toutes saisons.

Mais le risque reste plus élevé l'hiver : Une seconde étude (Lausanne) présentée au Congrès et menée dans 7 pays européens et sur les données de plus de 100.000 personnes âgées de 35 à 80 ans (dont 1.626 en France), suggère que les facteurs de risque cardiovasculaires augmentent durant les mois d'hiver.

Les mesures identifiées qui illustrent l'augmentation du risque, sont,

· l'augmentation de la pression systolique de 0,76 mmHg en janvier et sa diminution de 1.72 mmHg en août,

· la pression diastolique (+ 0,26 mmHg en janvier, -0.45 mmHg en août),

· le tour de taille (+ 0,45 cm en janvier, -0,51 cm en août).

· le cholestérol, total, HDL, LDL, les triglycérides et la glycémie ne présentent pas de variations saisonnières.

L'étude confirme donc l'intérêt d'une prévention renforcée des MCV au cours des mois d'hiver.

Source: ESC What's the weather? How change in temperature affects CVD risk

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