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GÉNÉTIQUE: Un gène du bonheur réservé aux femmes

Actualité publiée il y a 9 années 1 mois 2 jours
Progress in Neuro-Psychopharmacology & Biological Psychiatry

Gène guerrier pour les hommes, du bonheur pour les femmes, cette découverte, celle d’un gène qui semble « rendre les femmes heureuses », mais qui ne fonctionne pas ainsi chez les hommes, pourrait contribuer à expliquer pourquoi les femmes se disent plus souvent heureuses que les hommes. Cette étude de l'University of South Florida (USF) publiée dans la revue Progress in Neuro-Psychopharmacology & Biological Psychiatry, encourage à mener d’autres études génétiques sur le bonheur, et au moins tout autant, explique l’auteur, que sur les troubles anxieux. Ces scientifiques de l’USF, des National Institutes of Health (NIH), de l'Université de Columbia et du New York State Psychiatric Institute conclut qu’une forme du gène A (MAOA) ou monoamine oxidase A est associée à un sentiment élevé de bonheur (auto-déclaré) chez les femmes. Mais la même association n'a pas été identifiée chez les hommes.

«C'est le gène premier bonheur pour les femmes », a déclaré l'auteur principal, le Dr Henian Chen, professeur agrégé au Département d'épidémiologie et de biostatistique, de l'USF. « J'ai été surpris par ce résultat parce que cette même expression du gène MAOA a déjà été associée à des comportements négatifs, comme l'alcoolisme, l'agressivité et un caractère antisocial. MAOA a même été appelé le « gène guerrier (warrior gene) par certains scientifiques, mais, du moins pour les femmes, ce gène montre ici un rôle plus positif ».


D'une manière générale, les femmes se disent plus heureuses que les hommes, même si elles n'échappent pas aux de troubles de l'humeur et de l'anxiété. Cette découverte du rôle du gène MAOA pourrait contribuer cette différence de bonheur entre les sexes et apporte une première explication génétique du bonheur.

Le gène MAOA régule l'activité d'une enzyme qui décompose certains neurotransmetteurs du cerveau. Cette version de faible expression du gène MAOA favorise des niveaux plus élevés de monoamine, ce qui favorise des niveaux élevés de ces neurotransmetteurs dans le cerveau et améliore l'humeur. C'est en analysant les variations du gène MAOA dans l'ADN de 345 personnes, 193 femmes et 152 hommes que les chercheurs ont constaté que les femmes ayant une faible expression de MAOA étaient significativement plus heureuses que les autres femmes sans copies de cette version du gène. Une copie de cette expression du gène aboutit à de scores plus élevés sur « l'échelle du bonheur », et 2 copies, à des scores encore plus élevés.

Et les hommes ? Et si un nombre important d'hommes portaient une copie de cette version heureuse du gène MAOA, ils ne déclarent pas leur bonheur pour autant. La testostérone, en quantité bien plus faible chez les femmes que chez les hommes pourrait expliquer cette différence entre les sexes.

D'autres études doivent encore être menées sur génétique et variance du bonheur humain, car il y a probablement tout un ensemble de gènes qui peuvent influer sur nos niveaux de bonheur individuels, explique l'auteur. Renforcer bonheur et bien-être mérite au moins autant d'attention que soigner les troubles de l'anxiété, ajoute-t-il.

Source: Progress in Neuro-Psychopharmacology & Biological Psychiatry, online Aug. 4, 2012; doi.org/10.1016/j.pnpbp.2012.07.018 The MAOA gene predicts happiness in women (Visuel © Alena Ozerova - Fotolia.com)

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