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GÉRONTO: Les écarts de températures réduisent aussi l'espérance de vie

Actualité publiée il y a 9 années 1 mois 4 semaines
PNAS

Chez les personnes âgées, chaque degré de variabilité des températures estivales quotidiennes est associé à un risque de décès accru de 3 à 4% chez les personnes âgées souffrant de maladies chroniques. Et cela, indépendamment des vagues de chaleur. Cette grande et longue étude de de l'Ecole Harvard de Santé Publique, financée par les National institutes of Health et menée durant plus de 20 ans sur près de 4 millions de personnes de plus de 65 ans, publiée dans les Comptes-rendus de l’Académie des Sciences américaine, PNAS, a des implications importantes en matière de prévention pour les personnes âgées.

On sait déjà que les vagues de chaleur de l'été entraînent des augmentations de taux de mortalité chez les personnes vulnérables dont les plus âgés, les plus jeunes, les personnes atteintes d'obésité ou de maladies chroniques. Mais, jusqu'ici, les scientifiques étaient moins certains des effets à long terme des changements brusques de température. Or, les modèles climatiques prédisent que les variations de température d'été, dans la journée, deviendront de plus en plus fréquentes.


Cette équipe de recherche dirigée par le Dr Antonella Zanobetti de Harvard a décidé d'étudier l'impact à long terme, sur 21 ans, de cette variabilité des températures d'été dans 135 villes américaines à partir des données de l'assurance publique Medicare portant sur plus de 3,7 millions de personnes à risque et âgées de 65 ans et plus. Tous les participants étaient des patients sortis d'hospitalisation pour maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), insuffisance cardiaque congestive, diabète ou crise cardiaque.

Les chercheurs ont comparé les données de survie avec les données de fluctuations de température d'été dans chaque ville. Les scientifiques ont ajusté ces données pour les facteurs confondants, comme les facteurs de risque individuels, les canicules, les niveaux d'ozone et ont suivi les patients pendant 21 ans.

Les chercheurs constatent que les plus grandes variations dans les températures estivales sont significativement associées avec des durées de survie plus courtes. Le lien entre la variabilité des températures et la mortalité s'avère particulièrement élevé chez les personnes âgées de 75 ans et plus. Cette association entre écarts de température et mortalité s'avère également plus intense dans les villes et régions les plus chaudes. Des durées de survie prolongées sont, en revanche, observées dans les villes avec espaces verts. Des durées de survie plus courtes sont observées dans les villes les plus densément peuplées et dans les zones plus défavorisées.

Une variabilité d'1°C entraîne 14.000 décès supplémentaires par an : Une analyse plus poussée montre que chaque °C de variabilité des températures est lié à un taux de mortalité accru

· de 4% pour le groupe avec le diabète,

· 3,8% pour le groupe crise cardiaque,

· 3,7% pour ceux qui ont la MPOC,

· 2,8% pour ceux ayant une insuffisance cardiaque.

· Sur la base de ces chiffres, les chercheurs ont calculé qu'1 °C d'augmentation de la variabilité des températures peut conduire à 14.000 décès supplémentaires par an.

« Les modèles des effets de la température sur la mortalité à long terme et indépendamment des vagues de chaleur, montrent que la variabilité des températures raccourcit l'espérance de vie, en particulier pour les personnes vulnérables », concluent les auteurs.

Source: PNAS 2012 Apr 9 doi: 10.1073/pnas.1113070109 Summer temperature variability and long-term survival among elderly people with chronic disease.

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