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MALADIE CARDIAQUE : 13 nouveaux gènes mis en cause

Actualité publiée il y a 10 années 9 mois 2 jours
Nature Genetics

Une étude d'association pangénomique, menée par un consortium international de chercheurs, le « CARDIoGRAM Consortium », vient d’identifier 13 nouveaux variants génétiques associés à la maladie coronarienne et de confirmer 10 autres gènes déjà mis en cause par de précédentes études. Certains de ces gènes sont activés par des mécanismes jusque là inconnus qui augmentent le risque de maladie cardiaque. Cette recherche, menée sur l’Homme, ouvre l’espoir de nouvelles voies thérapeutiques. Des conclusions présentées dans l’édition de mars de la revue Nature Genetics.

«Cela fait donc, à ce jour, 23 causes génétiques identifiées associées au risque d'infarctus du myocarde et à d'autres formes de la maladie coronarienne», explique le Dr. Sekar Kathiresan, directeur du service de cardiologie préventive au Massachusetts General Hospital et l'un des auteurs de cette étude. "La connaissance de ces sites jette les bases de développement de nouveaux traitements ciblés sur ces gènes."


Bien que les facteurs héréditaires puissent représenter jusqu'à 60% de la variation du risque de maladie coronarienne, les variants identifiés dans les études d'association pangénomique (genome-wide association studies- GWAS) ne représentent qu'une petite fraction de ce risque. Étant donné que certaines des études précédentes pouvaient ne pas avoir été suffisamment larges pour identifier les gènes à effet modeste, 167 chercheurs de centres de recherche partout dans le monde se sont regroupés pour former ce groupe de recherche sur la maladie coronarienne, le Coronary ARtery DIsease Genomewide Replication and Meta-analysis (CARDIoGRAM) Consortium.

Les chercheurs ont d'abord rassemblé des données de 14 précédentes études GWAS portant sur les données de plus de 22.000 personnes souffrant de maladies cardiaques et près de 65.000 contrôles. Les sites génétiques les plus « prometteurs » identifiés dans cette méta-analyse ont ensuite été génotypés sur un autre groupe de plus de 56.600 personnes, dont environ la moitié était atteinte d'une maladie cardiaque. Les chercheurs ont également analysé les mécanismes potentiels et les voies métaboliques par lesquelles les variants identifiés pouvaient influer sur le risque.

Les résultats des analyses

· confirment 10 des 12 variants génétiques précédemment associés à la maladie coronarienne,

· en ont identifié 13 de plus, non encore identifiés.

· Alors que la plupart de ces variants sont fortement associés à une maladie cardiaque précoce, ces associations ne varient pas en fonction de l'état réel clinique pour lequel les patients ont été traités (crise cardiaque ou maladie coronarienne nécessitant un pontage ou une angioplastie ou la pose d'un stent).

· Sur les 23 variants validées dans cette étude, 7 sont associés à des niveaux de cholestérol LDL et 1 avec l'hypertension, mais les autres n'ont aucun rapport avec des facteurs connus de risque cardiovasculaire.

"L'absence de lien apparent avec les facteurs de risque que nous connaissons bien engendre beaucoup d'enthousiasme de notre part », explique le Dr. Kathiresan. "Si ces variants ne sont pas activés par des mécanismes connus, comment confèrent-ils un risque de maladie cardiaque? L'étude suggère qu'il existe de nouveaux mécanismes, encore inconnus. Des résultats, soulignent également les chercheurs, obtenus sur l'Homme et non sur l'animal, ce qui représente une bonne base de départ pour l'étude de nouvelles voies thérapeutiques.