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MUCOVISCIDOSE: L'édition du génome pour corriger la mutation responsable

Actualité publiée il y a 4 années 6 mois 3 semaines
Nature Communications

Corriger avec succès la mutation responsable de la mucoviscidose, c’est possible avec une technique d’édition du génome, montrent ces chercheurs de Yale, dans la revue Nature Communications. Une première étape vers un premier traitement de la maladie et une nouvelle preuve de la capacité ouverte par ces nouvelles technologies d’édition de gènes, pour traiter les maladies génétiques.

La mucoviscidose est une maladie génétique « monogénique » qui touche différents organes, les poumons, les voies respiratoires, le tube digestif et les glandes sudorales. Un de ses principaux symptômes est que les poumons sont submergés de mucus épaissi causant des difficultés respiratoires et augmentant le risque d'infection respiratoire. C'est la mutation du gène CFTR (Cystic Fibrosis Transmembrane Conductance Regulator (ou F508del-CFTR)), localisé sur le chromosome 7 qui cause la maladie. Plus de 2 millions de personnes seraient des porteurs sains de la maladie. La maladie touche un enfant sur 4.500 naissances et près de 200 enfants qui naissent chaque année en France en sont ainsi atteints. Si les patients ont une durée de vie toujours plus courte que l'espérance de vie moyenne, les perspectives se sont considérablement améliorées au cours des dernières années, grâce aux progrès dans les traitements. Mais si ces traitements parviennent à mieux gérer les symptômes, la maladie n‘a pas encore de traitement.


L' « idéal » serait donc de pouvoir corriger la mutation, et c'est le défi relevé par cette équipe multidisciplinaire de Yale. L'équipe a utilisé une méthode d'édition du génome : A l'aide de petites molécules de synthèse similaire à l'ADN -des acides nucléiques peptidiques (Voir vignette)- transportées par des nanoparticules microscopiques conçues pour pénétrer dans les cellules ciblées, ils parviennent à corriger le défaut génétique. L'équipe en fait la démonstration et observe la correction dans les gènes ciblés, à la fois sur des lignées de cellules de voies respiratoires humaines et in vivo sur des cellules nasales de souris modèles de mucoviscidose. Avec, en plus, un pourcentage de cellules modifiées, chez l'homme et chez la souris, plus élevé que ce qui avait jusque-là été réalisé par technologie d'édition de gènes. Enfin, la technique entraîne peu d'effets indésirables, sur les cellules traitées.

La première étape d'un long processus, mais une étape déjà prometteuse. Cette preuve de concept en est encore au stade expérimental et il faudra encore de nombreuses recherches pour adapter cette stratégie de génie génétique, concluent les auteurs. C'est aussi un exemple parfait des opportunités offertes par ces technologies d'édition du génome, pour réparer les anomalies génétiques à l'origine de nombreuses maladies -alors qu'une récente recherche utilisant les mêmes techniques, mais sur des embryons, ouvre le débat.

Source: Nature Communications 27 April 2015 doi:10.1038/ncomms7952 Nanoparticles that deliver triplex-forming peptide nucleic acid molecules correct F508del CFTR in airway epithelium

Lire aussi: GÉNOME: Tentative d'édition sur 86 embryons humains

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