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NEURO: La théorie freudienne du conflit inconscient liée aux symptômes d'anxiété

Actualité publiée il y a 6 années 6 mois 20 heures
American Psychoanalytic Association

La théorie freudienne du conflit inconscient vient d’être liée, par des mesures physiques de l’activité cérébrale, aux symptômes de l'anxiété. Cette expérience que Sigmund Freud n'aurait jamais pu imaginer il y a un siècle, apporte une preuve scientifique à l’une de ses principales théories et contribue à connecter encore plus étroitement psychanalyse et neuroscience. Ces conclusions, qui montrent aussi la capacité de la recherche fondamentale à démontrer certaines théories psychanalytiques, viennent d’être présentées au 101è Congrès annuel de l’American Psychoanalytic Association.

Ce professeur de l'Université du Michigan, le Pr Howard Shevrin, a passé des décennies à appliquer des méthodes scientifiques à l'étude de la psychanalyse. Ces nouvelles données soutiennent le lien de causalité entre le concept psychanalytique connu sous le nom « conflit inconscient » et les symptômes conscients vécus par des personnes atteintes de troubles anxieux comme les phobies par exemple. 3 types de stimuli, du conflit inconscient, des symptômes conscients et « de contrôle » : Sa recherche a impliqué 11 patients atteints de troubles anxieux qui ont suivi une série de séances de diagnostic menées par un psychanalyste. De ces entretiens, les psychanalystes ont déduit que l'existence de conflits inconscients sous-jacents pouvait être à l'origine des troubles de l'anxiété du patient. · Les mots signifiants et représentatifs de la nature du conflit inconscient ont ensuite été sélectionnés à partir de ces séances pour être utilisés comme stimuli verbaux du conflit inconscient, en laboratoire. · Les mots liés à l'expérience personnelle de chaque patient ont été sélectionnés pour être utilisés comme stimuli verbaux des symptômes d'anxiété. · Un groupe de stimuli verbaux, dits « de contrôle », sans rapport avec le conflit inconscient ou les symptômes d'anxiété a été ajouté.


2 modes de présentation, subliminale et et supraliminale : Ces stimuli verbaux ont été présentés de manière subliminale durant moins d'un millième de seconde, et supraliminale durant 30 millisecondes. Un groupe de stimuli, sans rapport avec le conflit inconscient ou les symptômes d'anxiété a été ajouté. Durant la présentation des stimuli aux patients, des électrodes posées sur le cuir chevelu des patients enregistraient les réponses cérébrales des patients.

A chaque type de stimuli, son mode de lecture cérébrale:

Dans une expérience précédente, le Pr Shevrin avait déjà démontré que les signatures temps-fréquence, une mesure type de l'activité cérébrale, montrent que les patients regroupent les stimuli du conflit inconscient que lorsqu'ils sont présentés de manière subliminale. Mais le même phénomène n'est constaté pour les stimuli de symptômes conscients que lorsqu'ils sont présentés aux patients de manière supraliminale. « Les mots stimuli du conflit inconscient doivent être présentés inconsciemment pour que le cerveau puisse faire le lien entre eux », note le Pr Shevrin. "Ce que les analystes ont détecté à partir des séances de diagnostic, fait sens et est confirmé par ces mesures d'activité cérébrales ».

Quand stimuli inconscients et conscients convergent, il y a inhibition : Avec leur nouvelle expérience, les chercheurs ont voulu comparer l'effet des stimuli inconscients sur les stimuli des symptômes conscients. Pour ce faire, les chercheurs ont présenté aux patients des stimuli du conflit inconscient immédiatement avant les stimuli des symptômes conscients et ont relevé la fréquence de l'onde alpha du cerveau. Les chercheurs obtiennent une forte corrélation suggérant un effet inhibiteur lorsque la quantité d'alpha générée par les stimuli inconscients est corrélée avec la quantité d'alpha générée avec les stimuli conscients, mais seulement lorsque les stimuli du conflit inconscient sont présentés de manière subliminale (Voir courbes ci-contre). Aucun résultat n'est obtenu avec les stimuli « de contrôle ».

« Ces résultats suggèrent que les conflits inconscients causent ou contribuent aux symptômes d'anxiété du patient » explique le Pr Shevrin, pour qui les méthodes interdisciplinaires utilisées basées sur la psychanalyse, la psychologie cognitive et des neurosciences pourraient constituer une science interdisciplinaire en tant que telle, basée sur la théorie psychanalytique.

Recherche fondamentale et psychanalyse : C'est surtout la preuve que la recherche fondamentale devient capable de tester et démontrer de manière empirique des concepts psychanalytiques. C'est d'ailleurs, l'objectif de l'équipe du Pr Shevrin qui, depuis 40 ans tente de repousser les limites entre la neuroscience, la psychologie cognitive et la psychanalyse et tente de documenter, par des mesures physiques de l'activité cérébrale des théories freudiennes telles que l'inconscient ou la répression.

Un peu d'histoire : En 1968, le Pr Shevrin publiait le premier rapport sur les réponses cérébrales à des stimuli visuels inconscients dans la revue science. Ces dernières années, il « s'est attaqué » à la preuve de l'existence et à l'impact des conflits inconscients. Alors que Freud suggérait que l'inconscient est métapsychique et nous le prenons simplement pour réel, cette étude montre que le conflit inconscient est bien une réalité

Source: 101st Annual Meeting of the American Psychoanalytic Association via University of Michigan Freud's theory of unconscious conflict linked to anxiety symptoms in new U-M brain research (6/16/2012)

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