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PUNAISES de LITS : Quelles mesures de lutte, l'étude du CHU de Nice

Actualité publiée il y a 9 années 2 mois 3 semaines
CHU Nice

Une étude conduite par des chercheurs du CHU de Nice, du CH du Pays d’Aix et de l’AP-HP décrit cet insecte, le Cimex lectularius, appelé plus communément punaise de lit. Sa réémergence depuis une dizaine d’année impose une meilleure connaissance de son mode d’action, du risque suggéré de transmission, des mesures de prévention possibles et surtout de lutte contre les infestations. Zoom sur ces épidémies, causes d’éruptions cutanées prurigineuses et d’angoisses parfois profondes.

Depuis une dizaine d'années, la punaise de lit, Cimex lectularius, un insecte hématophage inféodé à l'homme qui se niche dans les fissures ou recoins de l'habitat, connaît une réémergence mondiale observée dans de nombreux pays développés (Amérique du Nord, Europe, Australie, Nouvelle Zélande...). Les adultes ont une taille comprise entre 4 et 7 mm et sont généralement de couleur brune à beige, très plats, sans aile. Leur repas dure entre 10 et 20 minutes, mais la punaise de lits peut vivre sans repas jusqu'à 2 ans. La femelle peut pondre deux œufs par jour, et jusqu'à 200 au total. Elle pique durant la nuit sur les parties découvertes de la peau, sa piqûre est indolore mais se traduit au matin par une éruption cutanée prurigineuse et des angoisses parfois profondes. Aucune transmission d'agent infectieux n'a été documentée à ce jour, même si elle est soupçonnée d'être vecteur de maladies.


Lors du Congrès 2008 de la Société française de Dermatologie, le Dr Pascal Delaunay du CHU de Nice et ses collègues avaient déjà présenté une étude décrivant une épidémie dans une maison de retraite, suggérait que les punaises de lit Cimex lectularius pouvaient devenir une nouvelle cause d'infestation nosocomiale. L'analyse de l'épidémie avait alors permis de montrer qu'il existait deux types de transmission : le déplacement de l'insecte d'une part par lui-même et d'autre part par le transport de meuble ou de linge. Après plusieurs séances de désinsectisation sur plusieurs mois, l'établissement était parvenu à éviter toute réinfestation.

L'étude conduite par le Dr Pascal Delaunay Entomologiste médical et Parasitologue au CHU de Nice, Jean-Michel Berenger, Entomologiste médical au Laboratoire de diagnostic biologique des maladies infectieuses et d'hygiène au Centre Hospitalier du Pays d'Aix fait état de nombreux cas sur le territoire à Paris, Lyon, Marseille, Toulon, Nice... .Ce programme de recherche, établi sur 3 ans, a pour objectif de redéfinir les germes contenus dans les punaises de lits, d'établir une génétique des populations en France métropolitaine et d'étudier la résistance aux insecticides.

La lutte débute par une identification de l'insecte puis, une recherche minutieuse et systématique de tous les sites de repos. Lors de fortes propagations une odeur « acre » peut-être reconnaissable.

1. Aspirer : S'équiper d'une lampe de poche et d'une loupe est indispensable. Chambres à coucher et salon avec canapé pour la télévision sont les pièces principalement ciblées. La lutte sans utilisation d'insecticide est fortement conseillée pour ne pas mettre en place de résistance. L'aspiration avec l'embout de l'aspirateur, nécessitera son nettoyage et l'obturation du sac dans un sac plastique jeté pour éviter toute autre contamination.

2. Désinfecter : La congélation à -20°C doit durer minimum 48h selon la taille de l'objet ; le lavage à la machine doit être pratiqué à plus de 55°C ; le nettoyage vapeur à 120°C, détruit tous les stades de punaises au niveau des recoins ou des tissus d'ameublement ; le nettoyage haute pression ou à la brosse seront à associer à l'aspirateur ou à un grand nettoyage du sol.

3. Faire traiter par un professionnel : Le site devra être traité par un professionnel qui interviendra 2 fois au minimum à environ 2 semaines d'intervalle.

Et dans un établissement de soins ? La stratégie de prise en charge d'une invasion de punaises dans un établissement de soins doit être assurée par une équipe spécialisée dans la lutte contre cet insecte, impliquant nécessairement patients, personnel et environnement, concluent les chercheurs. Seule une hygiène quotidienne et une bonne connaissance de l'insecte minimise les risques d'infestations et accélère la découverte et donc la désinsectisation, mais il n'existe pas de mesure de prévention radicale.